Contexte des marchés du logement en Italie

By | 9 avril 2018

En Italie en 201619, 72,3 % de la population était propriétaire d’un logement (15,9 % avec un emprunt immobilier, 56,3 % sans emprunt immobilier) et 27,7 % étaient locataires (16,8 % au prix du marché, 11 % à prix réduit ou gratuit). En 2008, l’adoption d’une législation réformatrice définissant le logement locatif social a permis de diversifier l’offre de logements abordables. Le logement locatif social représente environ 4 % du stock national de logements. Ce système est basé sur des partenariats entre acteurs publics et privés pour la location de logements d’une durée minimum de 8 ans et la vente à prix abordable. Les investisseurs privés (constructeurs, investisseurs, fondations bancaires) peuvent profiter d’un co-financement public grâce aux allocations logement, aux programmes de rénovation urbaine et d’aide au logement locatif social (aides individuelles à la location). Les bénéficiaires du logement social sont principalement des personnes à faibles revenus et des familles qui ne peuvent accéder ni aux contrats d’occupation gratuite ni au marché privé. La priorité est donnée aux personnes en situation de mal-logement, aux familles avec enfants et aux personnes en situation de cohabitation forcée. Récemment, le gouvernement national a créé un Fonds Immobilier Intégré (FIA) dédié à l’investissement dans le logement social, mais ce fonds est peu utilisé actuellement. En matière de qualité du logement, selon les données disponibles (Eurostat, 2016), 27,8 % de la population vivait dans un logement surpeuplé en 2016. En fonction de l’âge, la situation de surpeuplement diffère : seulement 10 % des personnes âgées sont concernées (elles sont plus nombreuses à être propriétaires), contre 42 % des mineurs (et leur famille), et 30 % des 18-64 ans. En Italie, 9,6 % des ménages sont en privation sévère liée au logement – presque le double de la moyenne européenne (5 %). De plus, cet indicateur diffère en fonction du statut d’occupation : 6,5 % des propriétaires (avec un prêt immobilier) contre 14,8 % des locataires sur le marché privé sont confrontés à la privation sévère liée au logement. La proportion de personnes vivant dans un logement humide a baissé ces dernières années (de 25 % en 2014 à 21 % en 2016). Depuis 2015, ISTAT mesure un Index de Mauvaise Qualité des Logements, défini par le ratio de personnes vivant dans un logement surpeuplé et cumulant également l’un des trois problèmes suivants : A) Des problèmes structurels dans le logement (plafonds, installations, etc.) ; B) Absence de baignoire/douche avec l’eau courante  ; C) Problèmes de luminosité. Selon le dernier rapport « Bien-Être Durable et Equitable » (2017), 1 personne sur 10 vit dans un logement surpeuplé cumulant l’un des trois problèmes évoqués précé- demment. Cet Index est plus sévère dans le Sud du pays (11,8 %) que dans le Nord (8,4 %). Dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, le Ministère du Travail et des Affaires Sociales a introduit différents mécanismes à destination des acteurs locaux et régionaux, dont un appel à projets innovants pour la résorption du sans-abrisme visant entre autres les projets logement d’abord, et l’instauration d’un revenu minimum. Cette stratégie est en partie financée par les fonds européens (Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis et Fonds Européen de Développement Régional).