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Quelle stratégie spatiale

La diversification des missions est l’élément clef du développement de l’activité spatiale de la Chine, qui dispose de la totalité de la gamme existante, mais aussi de l’Inde et, dans une moindre mesure, du Brésil. Parmi ces missions, au niveau national, télédétection et science sont parmi les premières dans la mesure où elles nécessitent des compétences moindres, qu’il s’agisse du satellite ou surtout du lanceur. Les télécommunications viennent ensuite consacrer la capacité des lanceurs nationaux à mettre des satellites sur orbite géostationnaire ; en 1984 pour la Chine et en 2001 pour l’Inde.  Il ne s’agit donc pas tant de satisfaction de besoins que de possibilités techniques. Le cas du Brésil, dont les satellites sont lancés par des pays tiers, illustre parfaitement cette distinction avec un nombre important de satellites de télécommunications qui représentent le premier investissement qu’il ait réalisé dans le spatial. On retrouve une démarche identique avec l’Inde également dépendante de fournisseurs étrangers pour ses satellites de télécommunications. Enfin, parmi les quelques satellites chinois lancés de l’étranger, figurent essentiellement des satellites géostationnaires lourds de télécommunications plus performants que les satellites nationaux. Quant au recours plus tardif de la Chine vis-à-vis de prestataires extérieurs, il est lié à son isolement initial et au choix politique à la fois volontaire et contraint de privilégier ses propres forces.  Proportionnellement, la télédétection tient la première place aussi bien en Chine qu’en Inde. Il faut minorer le chiffre chinois dans la mesure où les capsules récupérables utilisées pour la reconnaissance photographique ne remplissent que des missions de courte durée mais la  priorité accordée à l’utilisation des données d’observation de la Terre reste frappante. Dans le cas indien, cette primauté s’explique par les bonnes performances de systèmes développés grâce à des transferts de technologies avancées de la part de pays occidentaux dont la France. Les efforts de mise en commun de ressources de la Chine et du Brésil sur le programme CBERS15 se sont avérés moins satisfaisants que chacun des deux partenaires ne pouvait l’espérer mais ils ont néanmoins permis l’acquisition de systèmes CCD et le développement ultérieur de deux filières nationales. Ils représentent un des premiers cas de partenariat Sud-Sud destiné à contourner les restrictions imposées par les plus anciennes puissances spatiales16.  L’analyse de ces différentes missions permet de bien prendre cons-cience des besoins spatiaux réels des différents pays en termes d’acquisition d’outils de gestion du territoire et d’infrastructure. Il s’agit de pays en développement, extrêmement vastes avec des zones difficilement accessibles, soumis à des problèmes climatologiques et environnementaux graves, dont la mise en valeur économique est très inégale avec des problèmes démographiques et urbains de plus en plus délicats.