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Présidentielle: les auto-entrepreneurs ont des messages à faire passer

Protection sociale, simplification administrative, réforme fiscale… La Fédération des auto-entrepreneurs (Fedae) présente ce 31 janvier son livre blanc « pour un renouveau du travail indépendant ». Leurs axes de combat.

Le « statut » d’auto-entrepreneur n’a jamais cessé d’être réformé, depuis son entrée en vigueur de 2008. Pas toujours pour le meilleur, estime la Fédération des auto-entrepreneurs, qui publie ce 31 janvier son « livre blanc pour un renouveau du travail indépendant ». Elle livre dans ce « guide pratique à l’usage des candidats à la présidentielle » dix-sept propositions pour « capitaliser sur ce régime », qu’elle considère être le « coeur légal du développement de l’ubérisation ». En voici les principales.

Des « gamers », pas des « sorciers »

Pour la Fedae, il faut revoir de fond en comble la procédure d’inscription au régime. Elle critique la multiplicité des sites officiels (lautoentrepreneur.fr, guichet-entreprises.fr, Infogreffe, cfe-metiers.com…). Sa solution ? Un portail unique, lautoentrepreneur.fr, avec un chatbot pour répondre aux internautes désorientés. A terme (officiellement en 2018), les plateformes faisant appel à des auto-entrepreneurs pourront, rappelons-le, inscrire elles-mêmes « leurs » auto-entrepreneurs affiliés et régler pour leur compte leurs cotisations.

Source de complexité également pour le candidat au régime, le fait de ne pas trouver son métier parmi ceux référencés. On trouve, dans menu déroulant proposé, la profession de « sorcier », celle de « fabricant de soupes, potages et bouillons » ou encore « fabriquant de guêtres en cuir », mais pas « gamer » ou « data analyst », regrette la Fédération, qui enjoint à la mise en place d’une « commission de suivi des activités économiques et des métiers d’avenir », pour moderniser la grille.

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lautoentrepreneur.fr

La classification des activités devrait aussi être revue. Certaines professions libérales, d’un point de vue juridique, sont aujourd’hui classées dans les artisans et commerçants, ce qui n’est pas sans incidence sur le paiement de la taxe pour frais de chambre, le taux de cotisation à la formation professionnelle ou encore sur la détermination du revenu imposable (l’abattement n’est pas le même, selon qu’on relève des bénéfices industriels et commerciaux – les BIC – ou des bénéfices non commerciaux – les BNC).

La loi Pinel, vivement contestée à l’époque, a par ailleurs instauré l’immatriculation au RCS ou au Répertoire des métiers. La Fedae propose de supprimer cette contrainte, qui ne se justifie même pas par un suivi statistique et est, au mieux, source de frais de dossier injustifiés. Le stage préalable à l’installation (le Spi) qui dure actuellement cinq jours et coûte au bas mot 276 euros (sans compter les frais de transport et d’hébergement), serait remplacé par un stage d’un jour, au tarif de 50 euros, optionnel pour les auto-entrepreneurs déclarant leur activité comme accessoire. Le contenu de la journée de formation aurait trait à la gestion d’une auto-entreprise.

Une assurance « coup dur » pour les indépendants

La grande réforme de la protection sociale pour les auto-entrepreneurs consisterait à leur faire bénéficier, ainsi qu’à l’ensemble des travailleurs indépendants, d’une assurance chômage. Le fonds de soutien économique à solliciter en cas de coup dur serait alimenté d’abord sur la base de cotisations volontaires des donneurs d’ordre, qu’il s’agisse de plateformes numériques, de grands groupes ou d’acteurs du bâtiment, par exemple. Elles trouveraient dans cette démarche volontaire une façon de fidéliser leurs prestataires. « Après une période d’observation, l’Etat pourrait s’engager dans le projet et obliger les travailleurs indépendants à cotiser également, explique Grégoire Leclercq, président de la Fédération. Nos enquêtes montrent que les auto-entrepreneurs sont en majorité favorables à cette mesure et sont prêts à consacrer 2% de leur chiffre d’affaires pour une assurance perte d’emploi ». La Fedae réfléchit encore au meilleur moyen d’éviter les effets d’aubaine.

En ce qui concerne le congé maternité, un minimal d’allocation décent devrait être fixé, avec un supplément fonction du chiffre d’affaires des trois dernières années. Actuellement, en-dessous de 3800 euros de chiffre d’affaires environ, les indemnités journalières (IJ) et l’allocation de repos perçus sont dérisoires. Il n’existe pas non plus de portabilité des droits pour les auto-entrepreneurs précédemment salariées, et qui tombent enceintes peu après avoir choisi l’indépendance.

Enfin, les professions libérales ne bénéficient pas aujourd’hui d’indemnités journalières au même titre que les commerçants et artisans. Il faut, estiment les auteurs du livre blanc, y remédier en extrayant les professions libérales réglementées de la Cipav pour les transférer vers le RSI. Une mesure en fait déjà prévue par le PLFSS 2017 mais retoquée par le conseil constitutionnel.

« Si l’auto-entrepreneur n’est pas content, qu’il se retire »

La Fedae assume une position « idéologique » sur le sujet des requalifications d’auto-entrepreneurs. « Il faut aller au-delà du dogme du salariat, sinon nous ne permettrons pas au travail indépendant de se développer, martèle Grégoire Leclercq. Si un chauffeur a décidé d’aller travailler sur une plateforme et qu’il n’est pas satisfait de la relation, qu’il se retire au lieu de demander à ce que la plateforme devienne son employeur ». Son organisation voudrait que, de manière générale, un « accord clair » signé par les parties l’emporte sur les critères de requalification. Par « accord clair », elle entend une inscription noir sur blanc dans le contrat que l’auto-entrepreneur n’est pas soumis à une clause d’exclusivité, qu’il peut se déconnecter de la plateforme sans être victime d’un malus, qu’une rupture de la relation commerciale peut intervenir en cas de note globale des clients inférieure à tel montant, etc.

Pour sécuriser le régime, il faudrait également supprimer la règle du prorata temporis, qui pénaliserait environ 3000 auto-entrepreneurs chaque année. Aujourd’hui, le plafond de chiffre d’affaires autorisé est « proratisé » au vu de la période d’activité. L’ignorant, certains dépassent le plafond sans le savoir, et, quelques mois plus tard, sont avertis qu’ils ont été sortis du régime et qu’ils doivent reverser une TVA… qu’ils n’ont pas collectée.

Des seuils à relever, mais pas sans franchise de TVA

Outre une ouverture plus grande du régime aux fonctionnaires (qui doivent aujourd’hui obtenir une autorisation pour exercer, et qui ne court en plus que sur trois ans maximum), la Fedae préconise de relever les plafonds de chiffres d’affaires autorisés à 50 000 euros et 120 000 euros. Cela stopperait les querelles de « concurrence déloyale » entre auto-entrepreneurs et artisans au régime de droit commun, puisqu’une partie de ces derniers bénéficieraient du régime simplifié. Très important aux yeux de la Fédération, la franchise en base de TVA serait rehaussée également. « Cela n’aurait sinon aucun intérêt, et c’est d’ailleurs ce qui manque dans le programme de François Fillon », juge Grégoire Leclercq. Pas si simple, cependant. Augmenter la franchise en base de TVA impose une renégociation avec l’Union Européenne. Ce sont aussi 300 millions d’euros de TVA qui s’envolent (estimations Fedae). « En contrepartie, les recettes sociales seront améliorées puisque sous le régime de l’auto-entrepreneur, quand le chiffre d’affaires est compris entre 25 000 et 50 000 euros, on cotise davantage que dans le régime de droit commun », assure Grégoire Leclercq. Rentrée de cotisations estimée : 100 millions d’euros.

La Fedae a invité députés et états-majors politiques à venir çà sa conférence écouter ses doléances. Grégoire Leclercq attend notamment de voir quelle sera la position d’Emmanuel Macron face à ces propositions. « On peut dire qu’il était plutôt sympathique et en phase avec notre vision, lorsqu’il était au ministère de l’Economie, reconnaît Grégoire Leclercq. Mais de fait, il n’y est plus. Alors, on attend de voir… »

Brexit: débats parlementaires sur son déclenchement

La Première ministre britannique Theresa May devant le 10 Downing Street, le 25 janvier 2017 à Londres
La Première ministre britannique Theresa May devant le 10 Downing Street, le 25 janvier 2017 à Londres

Le parlement britannique se penche à partir de mardi midi sur le projet de loi visant à autoriser le gouvernement à lancer les négociations de sortie de l’Union européenne.

Intitulé « Projet de loi de l’Union européenne (notification de retrait) », le document, très bref et publié jeudi, demande aux parlementaires de « conférer à la Première ministre le pouvoir de notifier, selon l’article 50 du traité de l’Union européenne, l’intention du Royaume-Uni de se retirer de l’UE ».

L’examen de ce texte devant la chambre des Communes débute mardi et mercredi avant trois nouvelles journées de débats les 6, 7 et 8 février qui devraient se conclure par un vote, selon le gouvernement.

Si le texte est particulièrement court et pourrait, en théorie, être approuvé rapidement, comme le souhaite l’exécutif, il a déjà entraîné le dépôt de cinq « amendements motivés » visant à tuer dans l’oeuf ce projet de loi.

Le ministre chargé du Brexit, David Davis, quitte le 10 Downing Street, le 24 janvier 2017 à Londres © Daniel LEAL-OLIVAS AFP/ArchivesLe ministre chargé du Brexit, David Davis, quitte le 10 Downing Street, le 24 janvier 2017 à Londres © Daniel LEAL-OLIVAS AFP/Archives
Le ministre chargé du Brexit, David Davis, quitte le 10 Downing Street, le 24 janvier 2017 à Londres © Daniel LEAL-OLIVAS AFP/Archives

On peut ainsi lire dans deux de ces requêtes, consultables sur le site internet du parlement, que les députés dépositaires appellent à ce que le projet de loi ne soit pas étudié parce qu’il « échoue à garantir en particulier l’appartenance future du Royaume-Uni au marché unique » européen.

Un autre amendement refuse l’étude du texte parce que les parlements régionaux ne seront pas consultés sur l’activation de l’article 50. Un quatrième appelle à la même chose du fait de l’absence d’un « livre blanc » sur la stratégie de Theresa May.

Celle-ci a pourtant accepté la semaine dernière la publication de ce document qui s’inspirera de son discours du 17 janvier dans lequel elle a défendu une rupture « claire et nette » avec l’Union européenne, impliquant la sortie du marché unique en vue de reprendre le contrôle des frontières du pays.

Mais, malgré l’insistance du leader de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, elle s’est refusée à donner une date de publication.

- « Décision déjà prise » -

L'article 50 au coeur du Brexit © Sophie RAMIS, Alain BOMMENEL, Kun TIAN AFPL'article 50 au coeur du Brexit © Sophie RAMIS, Alain BOMMENEL, Kun TIAN AFP
L’article 50 au coeur du Brexit © Sophie RAMIS, Alain BOMMENEL, Kun TIAN AFP

Ces amendements ont peu de chance d’aboutir, le parti conservateur disposant d’une courte majorité à la chambre basse du parlement et le Labour, principal parti d’opposition, ayant promis de ne pas bloquer le projet de loi.

Néanmoins, soixante pages d’amendements visant à le nuancer ont également été déposés et doivent être débattus la semaine prochaine. Ils visent notamment à contraindre le gouvernement à rendre régulièrement des comptes devant le parlement.

Le projet de loi sera ensuite présenté devant la chambre des Lords, la chambre haute du parlement, où de nouveaux amendements pourront également être déposés, avant d’être transmis à la reine pour obtenir l’assentiment royal.

« Ce n’est pas un projet de loi pour savoir si le Royaume-Uni doit ou non quitter l’UE ou comment elle doit le faire. Il s’agit simplement d’appliquer une décision déjà prise, un point de non-retour a déjà été franchi », doit déclarer mardi le ministre chargé du Brexit, David Davis, selon le texte de son discours transmis par ses services.

« Nous avons demandé aux Britanniques s’ils voulaient quitter l’UE, ils ont décidé qu’ils le voulaient », doit-il ajouter.

Ce projet de loi fait suite à la décision de la Cour suprême d’obliger le gouvernement à obtenir l’aval du parlement avant d’activer l’article 50 du traité de Lisbonne, qui lancera les négociations de sortie de l’UE.

La Première ministre Theresa May a promis d’activer avant la fin mars cet article 50. Son gouvernement a affirmé que le vote des députés ne devrait pas remettre en cause ce calendrier.

31/01/2017 08 :25 :00 – Londres (AFP) – © 2017 AFP

« J’ai vécu mon dépôt de bilan comme une infamie »

Ils sont rares, ces patrons qui acceptent de parler de leur échec. Ludovic Bréant, qui a connu « le fond du trou » après avoir côtoyé les sommets, livre son expérience d’entrepreneur en déroute. Une histoire de ténèbres et d’heureuse renaissance.

« Je compare souvent le dirigeant au boxer. Il prend un coup, parce qu’il n’a pas assez anticipé. On s’interroge alors sur son degré de lucidité suite au choc. » Jean-Charles Simon, du cabinet d’avocats Simon & Associés, filait la métaphore ce 27 janvier, à l’occasion d’une matinée de réflexion intitulée « Le dirigeant à l’épreuve des difficultés ». Un atelier auquel a pris part également Ludovic Bréant, client du cabinet venu témoigner de son expérience d’homme d’affaires ayant effectivement pris des coups. Interview.

Dans quelle mesure avez-vous connu le succès avant l’échec?

J’ai créé une centaine d’entreprises. Avant de connaître des bas, j’ai connu des hauts, avec notamment une introduction en bourse en 1999, et la revente d’une société à une banque, ce qui m’a fait gagner plusieurs dizaines de millions d’euros. J’aurais pu profiter de ce pactole pour couler des jours heureux, mais j’ai eu envie d’un nouveau challenge et, en 2003, j’ai lancé un nouveau groupe, avec diverses activités dans l’immobilier, la construction en bois et l’hôtellerie.

C’est la crise de 2008, qui vous a ébranlé?

Oui, les problèmes ont commencé avec la baisse de 40% du chiffre d’affaires de nos trois unités de production. Cette chute d’activité a entraîné le reste. D’autant que j’ai tardé à réagir. Tellement convaincu que j’allais remonter la pente, j’ai eu une période de déni. Pendant des mois, j’ai réinjecté dans l’entreprise une grosse partie de mon patrimoine personnel. Je n’étais plus vraiment lucide. J’étais pris dans un engrenage, je n’avais pas de recul. Ce n’est qu’au bout d’un an que je me suis décidé à demander de l’aide pour sortir de la situation. J’ai fait appel à un manager de transition. Une belle expérience. Il était brillant. Il a fermé certaines entreprises, en a fusionné d’autres, il a remobilisé mon équipe de direction. Mais le mal était trop profond. Après procédure de sauvegarde, redressement et liquidation judiciaires, l’aventure s’est soldée sur un dépôt de bilan. Il y a des entrepreneurs qui considèrent cette étape comme un simple acte administratif. Pour moi, ça a été la honte, l’infamie.

Que sont devenus les salariés de votre groupe?

Nous avons limité la casse en trouvant des repreneurs pour trente hôtels et les usines ont toutes été reprises sauf une.

Vous avez été jugé dans trois tribunaux de commerce différents. L’expérience est-elle similaire d’un tribunal à l’autre?

Pas du tout! Dans les deux tribunaux parisien et francilien, tout s’est bien passé. Dans celui de province, en revanche, ce fut cauchemardesque. Dans une « petite ville » de 100 000 habitants, il n’y a pas d’anonymat. Je connais certains juges consulaires sur le plan professionnel. Mes avocats ont vite estimé, au vu de certains éléments, que mon cas n’allait pas être traité de manière impartiale. Ils ont obtenu un dépaysement judiciaire, pour que l’affaire soit jugée ailleurs. Le contexte peut être difficile, en région, quand tout le monde vous connait. J’étais celui qui avait réussi, on jalousait cette réussite et mon train de vie. Quand les choses se sont mal passées pour moi, les critiques ont vite viré à la haine.

Y compris dans les médias?

La presse a tout amplifié. Ca a été désastreux sur un plan familial. Je revois encore mon fils de dix ans me demander si j’allais aller en prison. Avec le recul, je pense que les medias locaux n’auraient pas été aussi virulents si j’avais été un peu plus ouvert avec eux dans le passé. A une époque où j’étais un peu arrogant, je les traitais par-dessus la jambe, et cette attitude a laissé des traces. A côté du traitement médiatique, il y a aussi la rumeur, à gérer. L’été dernier, moi et ma femme sommes revenus dans la ville où tout cela s’est passé – car nous avons depuis déménagé – et nous avons rencontré un couple d’amis que nous n’avions plus revus depuis longtemps. ‘Tiens! vous êtes ensemble? On nous avait dit que vous aviez divorcé’, nous ont-ils lancé. Parmi les autres fausses informations qui circulent, il y avait aussi apparemment le fait que notre maison secondaire a été saisie, que j’ai un tas de procès en cours au pénal, et que j’ai fait de la prison!

Déménager était une fuite?

Vous savez quand ma femme croisait des connaissances dans la rue, celles-ci changeaient de trottoir. Alors, ce déménagement était un choix familial judicieux pour repartir à zéro. Nous étions devenus infréquentables.

LIRE AUSSI >> Comment vaincre la peur de l’échec?

Quel regard posez-vous sur cette expérience de vie?

J’ai fait un gros travail sur moi-même, pour essayer de comprendre ce qui m’était arrivé et me comprendre moi-même. J’ai lu beaucoup de philosophes, de sages, de livres sur le développement personnel, j’ai participé à des stages… Aujourd’hui je sais que, au même titre que peuvent l’être d’autres épreuves comme un divorce ou un cancer, ce dépôt de bilan m’a permis de me rendre compte que je n’étais pas à ma place, dans la vie d’entrepreneur que je m’étais construite. SI je courrais après le succès et l’argent, c’était pour plaire à mon père. J’étais devenu fou! Je courrais d’acquisition en acquisition, je voulais toujours plus. Désormais, je veux donner du sens à ma vie. J’ai ouvert un blog pour essayer d’aider d’autres entrepreneurs en difficulté. Je suis aussi en train d’écrire un livre. Je recréerai sûrement d’autres entreprises, mais je n’aurai jamais plus de boulimie d’activité comme avant. Et surtout je n’entreprendrai plus pour gagner de l’argent. Mon activité sera tournée vers l’humain et l’altruisme.

Emmanuelle Riva, un parcours amoureux d'Hiroshima à Hollywood

L'actrice française Emmanuelle Riva, le 9 octobre 2012 à Rome
L’actrice française Emmanuelle Riva, le 9 octobre 2012 à Rome

Entrée avec fracas mais d’une voix posée dans le monde du cinéma en 1959 avec « Hiroshima mon amour », l’actrice Emmanuelle Riva, décédée à 89 ans, a été consacrée sur le tard avec « Amour », après une carrière aussi riche qu’exigeante.

« Chaque individu a plusieurs vies en lui. Et dans ce métier, on développe toutes ces possibilités et c’est passionnant », expliquait à l’AFP celle qui était de retour sur la croisette en 2012 pour « Amour » de Michael Haneke, future Palme d’or.

Elle y incarnait Anne, une femme dont l’état se dégrade et qui se dirige vers la mort dans de grandes souffrances, partagées avec son mari, joué par Jean-Louis Trintignant.

Vivant ce rôle « comme une délivrance », la performance lui vaudra un César de la meilleure actrice, un Bafta britannique et une nomination aux Oscars à 85 ans, battue pour la statuette par Jennifer Lawrence (« Happiness Therapy »).

Bien avant Hollywood, celle qui s’appelait alors Paulette déclame les classiques dans sa chambre d’adolescente à Remiremont, près du petit village de Cheniménil où elle est née en 1927.

A 19 ans, après des débuts de couturière et malgré les réticences de sa famille ouvrière, elle monte à Paris pour prendre des cours d’art dramatique, obtenant une bourse.

Elle entame une carrière au théâtre sous son nouveau prénom, Emmanuelle, puis est repérée par Alain Resnais qui la choisit pour le rôle principal de son premier long métrage, « Hiroshima mon amour », sur un scénario de Marguerite Duras.

- « Changer de rôles » -

L'actrice française Emmanuelle Riva, le 31 octobre 1975 à Paris© STRINGER AFP/ArchivesL'actrice française Emmanuelle Riva, le 31 octobre 1975 à Paris© STRINGER AFP/Archives
L’actrice française Emmanuelle Riva, le 31 octobre 1975 à Paris© STRINGER AFP/Archives

Nous sommes en 1959, 14 ans après les premières bombes atomiques, et cette histoire d’amour entre une comédienne française et un architecte japonais dans la ville dévastée rencontre un succès mondial, amenant l’actrice pour la première fois au festival de Cannes.

En 1962, elle remporte le prix d’interprétation à la Mostra de Venise pour le rôle de « Thérèse Desqueyroux », l’empoisonneuse du roman de François Mauriac.

Emmanuelle Riva est désormais célèbre mais, à l’heure des starlettes décolorées et de Brigitte Bardot, cette brune aux yeux en amande refuse les choix faciles, préférant l’ombre à la lumière.

« Après +Hiroshima mon amour+, j’ai énormément lutté contre la classification. Ce qui nous importe, à nous les acteurs, c’est de changer de rôles », expliquait-elle à l’AFP.

Pendant cinquante ans, elle promène son jeu dépouillé et sa voix modulée au théâtre, à la télévision, et au cinéma, où elle joue – moins souvent les premiers rôles – sous les ordres des plus grands : Melville, Franju, Cayatte, Arabal, Mocky, Bellochio, Garrel.

En 1992, son rôle de matriarche implacable dans « Loin du Brésil » de Tilly la rappelle au bon souvenir des cinéphiles, et elle enchaîne un an plus tard avec « Bleu » de Krzysztof Kieslowski. On la verra aussi dans « Vénus beauté (institut) » de Tonie Marshall en 1999.

Elle campe les mères et les grands-mères depuis une dizaine d’années quand Michael Haneke la propulse à nouveau dans la lumière.

En 2014 elle est récompensée du prix Beaumarchais de la meilleure comédienne (décerné par un jury de critiques du Figaro) pour la pièce de Marguerite Duras « Savannah Bay ».

« Il y a une très grande joie de sentir qu’on échappe à soi-même pour aller on ne sait pas où », estimait-elle à propos de son métier d’actrice.

« On dit +Entrer dans la peau du personnage+, cela a l’air un peu bébête, mais en fait c’est assez ça, avec toute la chair et l’esprit et le coeur ».

28/01/2017 16 :25 :53 – Paris (AFP) – © 2017 AFP

Le RSI leur réclame plus 20 000 euros, ils ne comprennent pas pourquoi

Les gérants d’un magasin de produits alimentaires destockés installés dans les Alpes-de-Haute-Provence ont reçu un avis d’appel de cotisations très élevé. Face au silence du régime social des indépendants, ils ont décidé de médiatiser l’affaire.

« Je connais le RSI depuis plus de onze ans car j’ai ouvert mon premier commerce à 19 ans. Et malheureusement, j’ai souvent eu des difficultés avec eux. » Melissa Attalah ne mâche pas ses mots au téléphone. Depuis quelques jours à Peipin, la commune des Alpes-de-Haute-Provence où elle a ouvert Gaspicasse, un magasin de déstockage alimentaire, elle parle de sa « bataille » contre le RSI aux habitants.

« Plusieurs personnes sont venues me voir après la parution d’un article dans la presse locale pour me dire qu’ils saluaient mon combat et que j’étais courageuse de dénoncer ainsi le RSI, explique la jeune femme de 31 ans. J’ai besoin d’exprimer une forme de ras-le-bol car la somme qu’on nous réclame n’est pas normal et cela risquerait de mettre notre commerce sur la paille. »

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Cette somme – 20 211 euros – c’est à son associé, l’autre gérant de Gaspicasse, Cyril Lebon, qu’elle est réclamée en décembre dernier. « Il bénéficiait de l’Accre pendant une année donc il était automatiquement exonéré de cotisations (sauf la CSG et la retraite complémentaire, ndlr) pendant un an, raconte Melissa Attalah. Les trois premiers trimestres de 2016, il a reçu des avis qui tournaient autour de 800 euros. Mais lors du dernier trimestre, en novembre, la somme a explosé et il a reçu un appel de fonds de 21 000 euros. »

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Un RSI injoignable

Les deux gérants préviennent alors leur comptable, qui s’étonne aussi d’une telle somme. « Il s’est dit qu’ils n’avaient pas tenu compte de la dernière déclaration [Déclaration Sociale des Indépendants (DSI), ndlr] qui qui détaillait les revenus de l’année 2015. Mais de toute façon, il n’en déclarait aucun donc il ne pouvait pas leur devoir 21 000 euros! » Melissa Attalah affirme avoir tenté d’alerter le RSI de cette erreur à plusieurs reprises, mais ce dernier n’aurait pas réagi.

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Le régime social des indépendants ne lâche pas l’affaire. Il y a quelques jours, Cyril Lebon reçoit un « avis amiable » lui rappelant sa dette. « Notre comptable n’en revenait pas, poursuit Melissa. J’ai bien pensé à me déplacer pour expliquer notre cas mais avec le regroupement régional, la caisse la plus proche est celle de Toulon à plus de 180 kilomètres. C’est compliqué d’y aller… Je sais au fond de moi que les choses finiront par se régler un jour quand le RSI prendra vraiment connaissance de notre cas. Mais j’ai voulu alerter les gens et manifester mon ras-le-bol face à ce fonctionnement », insiste la jeune commerçante. Elle dit avoir déjà vécu des contentieux avec le régime social des indépendants dont un se serait achevé en 2011 par un jugement en sa faveur.

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Le piège de la « taxation d’office »

Contacté par L’Express, la responsable de la communication du régime sociale des indépendants délivre une explication simple. « Monsieur Lebon a effectivement reçu en fin d’année 2016 un courrier l’informant d’une dette de 20 211 euros. Ceci correspond à la taxation d’office. Celle-ci s’applique quand une personne ne déclare pas ses revenus. S’appliquent alors des taxes aux montants dissuasifs d’où les 20.000 euros. Un indépendant doit absolument penser à déclarer ses revenus, même s’ils sont infimes, poursuit la responsable. Nos services n’ont pas la moindre trace de sa déclaration avant le 19 janvier 2017 et ont donc procédé à une régularisation. Il devrait recevoir un courrier l’informant que sa dette est à zéro. »

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Une explication qui soulage Melissa Attalah mais qui ne la convainc pas. « Je comprends ce qui s’est passé, mais que je vous assure que la DSI a été faite en octobre 2016. Notre expert comptable a même envoyé des recommandés. Je me demande pourquoi ils n’ont pas eu de trace de cette déclaration avant. »

Pour Cyril Lebon en tous cas, les choses devraient rapidement rentrer dans l’ordre.

Christine Kelly, biographe de Fillon, va être auditionnée

Christine Kelly à Paris le 21 novembre 2013
Christine Kelly à Paris le 21 novembre 2013

L’ex-membre du CSA Christine Kelly, auteure de la première biographie de François Fillon en 2007, pour laquelle elle avait interviewé son épouse, sera auditionnée vendredi après-midi par la police judiciaire dans le cadre de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs visant Penelope Fillon, a-t-elle précisé à l’AFP.

Christine Kelly a dévoilé cette audition jeudi en tweetant : « Tout (a) commencé par une enquête journalistique… et se termine en étant auditionnée demain par la police judiciaire dans l’affaire Penelope ».

L’ancienne journaliste de LCI est devenue l’un des témoins dans cette affaire, déclenchée par le Canard Enchaîné mercredi qui a révélé que Pénélope Fillon a été rémunérée comme collaboratrice parlementaire de François Fillon quand il était député de la Sarthe, puis de son successeur.

Un emploi dont personne n’avait connaissance jusqu’à présent, y compris dans le milieu des collaborateurs Les Républicains.

Christine Kelly a déclaré au Canard Enchaîné qu’elle n’avait « jamais entendu dire que Mme Fillon travaillait ».

Suite à ces déclarations, elle a affirmé par un tweet qu’elle avait subi des « menaces » et des « pressions » par téléphone d’une « équipe politique » qu’elle n’a pas nommée. « Je n’aime pas ça du tout et le deuxième avertissement sera public », avait-elle précisé à l’AFP.

Elle a confirmé jeudi ses déclarations au Canard. « Quand j’ai rencontré sa femme à l’automne 2007, elle ne travaillait pas. Elle était à la maison », a précisé Christine Kelly à l’AFP, rappelant avoir « fait une enquête sur François Fillon et pas sur sa femme ».

Ayant pris pour l’occasion un congé de LCI, Christine Kelly a passé 6 mois en 2007 à enquêter sur François Fillon, qui venait d’être nommé Premier ministre. La journaliste avait alors effectué plusieurs séjours dans son village de la Sarthe pour interroger son entourage, a-t-elle raconté.

« Cela a été une enquête très difficile. Puis, François Fillon a finalement accepté de me recevoir, et m’a alors permis de rencontrer son épouse, ses parents… », se souvient-elle.

Elle a aussi souligné que « le tweet de mercredi sur les menaces et pressions a été ultra efficace. Ca s’est calmé pour l’instant. Je n’ai plus eu d’appels », a-t-elle conclu.

27/01/2017 09 :24 :58 – Paris (AFP) – © 2017 AFP

Réussir sa reconversion dans une franchise : huit idées fausses à oublier !

Man using virtual reality headset

Les idées fausses de la reconversion dans une franchise

“Vous fabriquez des produits d’occasion ?”

Être un franchiseur, spécialiste de la revente de jeux vidéo et de produits multi-média d’occasion, expose à des questions qui ont parfois le mérite de faire sourire…

Philippe Cougé est le fondateur de l’enseigne Game Cash. Les produits qu’il revend, après les avoir testés, reconditionnés et garantis, ont donc tous eu une première vie avant d’être adoptés par un nouveau joueur. Dans ce réseau de 60 magasins de centre-ville, on est en plein dans l’économie circulaire.

Son aventure, Philippe Cougé l’a commencée en 2003, après une première expérience dans une franchise. Il reçoit, rencontre et écoute donc des candidats depuis plus de vingt ans. On n’y pense pas spontanément, mais sa mission est lourde de conséquences : il porte la responsabilité d’engager une personne et sa famille dans une vie d’entrepreneur ; une vie riche pour se découvrir et se réaliser, mais aussi souvent synonyme de turbulences et de sacrifices.

Si la franchise attire, c’est qu’elle représente pour de nombreux cadres une opportunité de reconversion, d’autant plus lorsqu’ils disposent d’une épargne confortable, patiemment constituée grâce aux salaires confortables, aux primes, aux bonus de fin d’année ou encore à l’intéressement. Il faut dire que le modèle est en vogue : Avec 1.834 réseaux franchisés, 69.483 points de vente, 615.000 emplois directs et indirects, et un chiffre d’affaires de 53,38 milliards d’euros en 2015, la France occupe la première marche du podium de la franchise en Europe, et la troisième dans le monde.

Vu de l’extérieur, tout semble conduire au succès. Mais est-ce si rose et facile au pays de la franchise ? Pour lever toute ambiguïté et faire tomber les fantasmes et dangereuses certitudes, j’ai donc voulu l’avis d’un expert ; un professionnel à même de porter un regard lucide et sans détour sur huit idées fausses auxquelles bien trop de candidats se raccrochent (tout particulièrement ceux en reconversion), et qui risquent de les condamner à un échec presque annoncé.

Idée fausse n°1 : “La franchise, c’est l’entrepreneuriat facile, pour tous”

Non, la franchise n’est pas facile. Si l’on devait détourner une célèbre formule publicitaire qui fit le succès d’un soda en son temps : la franchise, ça à la couleur de l’entrepreneuriat, ça a le goût de l’entrepreneuriat… et C’EST de l’entrepreneuriat ! On est un entrepreneur à 100% quand on est franchisé : on prend un risque financier en s’installant ; on a des obligations juridiques ; on doit créer une clientèle et développer son chiffre d’affaires ; on est parfois amené à recruter ; on est responsable d’un compte de résultat et le garant de la bonne image de l’enseigne. Être franchisé, comme pour tous les entrepreneurs, c’est être libre de construire son destin… sous contraintes.

Idée fausse n°2 : “Je suis sûr d’être pris, j’ai les fonds nécessaires”

De trop nombreux candidats considèrent que la surface financière dont ils disposent leur garantit l’accès à un réseau franchisé. C’est évidemment une condition nécessaire, mais en aucun cas la condition suffisante. Ce qui compte avant toute chose pour un franchiseur, c’est la personnalité du futur franchisé. Pour Game Cash, je recherche donc des candidats ayant une vraie appétence pour les produits que nous commercialisons, qui se projettent totalement dans l’idée de service et d’échange quotidien avec les clients, qui ont envie de représenter la marque et véhiculer ses valeurs. Avoir déjà entrepris n’a finalement pas tant d’importance : je sais donner leur chance à ceux qui ont toutes les qualités requises et surtout l’envie de nous rejoindre. Un franchiseur a, pour moi, une vraie responsabilité sociale : celle d’aider ceux qui ont décidé de se réaliser par eux-mêmes.

Idée fausse n°3 :“On quitte tout, on déménage et on se lance”

A force de lire des unes de magazine du type “ils ont tout plaqué pour changer de vie et réussir à l’autre bout du monde”, le déracinement professionnel devient, pour certains, une condition presque obligatoire pour une reconversion professionnelle réussie. Mais avant de changer de ville, vendre la maison, dire adieu aux commerçants du quartier et organiser sa soirée de départ entre amis, le risque de la mobilité doit être posé. Le franchisé n’a qu’une priorité quand il s’installe : vendre ! Et pour cela, rien de plus efficace que d’être connu, d’avoir des amis, un réseau relationnel dense, c’est à dire des contacts qui vont parler de vous. Partir de zéro, loin de tout et des siens, c’est ajouter de la difficulté aux difficultés. Chez Game Cash, je n’ai qu’un seul exemple de déracinement qui se soit bien passé ; et pas des moindres puisqu’ils sont partis pour ouvrir un magasin en Nouvelle Calédonie. Mais gardons-nous de généraliser, c’est une exception !

Idée fausse n°4 :“Ma famille n’y croit pas, je vais leur montrer qui je suis…”

Partir seul contre tous, c’est la garantie de devoir lutter deux fois : batailler du matin au soir pour résoudre les difficultés professionnelles et trouver des solutions, puis affronter ensuite, de retour à la maison, les doutes, les interrogations et les reproches de l’entourage quant à l’intérêt de faire tout ça. Être soutenu est une clé indispensable. M’en assurer est d’ailleurs l’un des principaux critères dans mon processus de recrutement. Je place ainsi sur un même niveau d’importance les qualités de l’entrepreneur et son contexte familial, pour assurer, autant que possible, la solidité future de la collaboration franchiseur-franchisé.

Aussi, avant d’envisager de vous lancer, assurez-vous que votre bonne idée est une bonne idée partagée par tous !

Idée fausse n°5 :“J’ai fait tapis : j’ai mis toutes mes économies dans le projet”

S’il y a bien une bêtise à faire, c’est assurément celle-ci ! Il faut investir évidemment dans une franchise car le démarrage est consommateur de cash : ticket d’entrée (la Redevance Initiale Forfaitaire), pas-de-porte à payer, charges à supporter, absence de salaire tant que le chiffre d’affaires ne rentre pas… l’argent s’écoule, et parfois vite… Certains sont alors tentés de financer ces dépenses en puisant dans leur épargne, parfois de façon excessive. Seul problème : en cas d’échec, c’est la capacité à rebondir qui est alors empêchée.

Un bon franchisé doit donc savoir ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, autrement dit choisir un réseau franchisé qui ne contraint pas trop sur le court terme (RIF et BFR mesurés) tout en sécurisant le long terme (conserver une épargne).

Idée fausse n°6 :“La franchise : une assurance zéro risque”

Ils sont nombreux à envisager la franchise comme une sorte de martingale, un concept qui leur garantirait la réussite à tous les coups et réduirait à néant le risque d’échec. Cette « drôle d’idée » est principalement liée au principe de reproduction sur lequel repose la franchise : on valide un concept sur 2 ou 3 magasins puis on l’étend sur un nombre important d’implantations, en adoptant les enseignements, les méthodes et les process du modèle de départ. Aussi, dans l’esprit de certains, dupliquer un concept qui a fait ses preuves, c’est aussi faire un copier-coller de son succès. C’est de là que vient le quiproquo, car affirmons-le sans détour : un franchisé qui ne s’engage pas pleinement dans son projet, qui ne fait pas les efforts nécessaires pour communiquer et vendre, ou qui se montre laxiste dans la gestion de son entreprise, n’a aucune chance de survivre.

Idée fausse n°7 :“Ça y est, me voilà entrepreneur, je fais ce que je veux”

Il y a une chose essentielle qu’un futur franchisé doit avoir en tête : s’il est un entrepreneur à part entière, il devra scrupuleusement mettre en œuvre les recommandations du franchiseur. Si l’on devait prendre une image, le franchiseur, c’est un peu comme un guide de haute montagne. Il repère, il ouvre le chemin, il le balise et le sécurise, il aide à bien s’équiper, il surveille la météo… Charge ensuite au franchisé de gravir la montagne, de puiser en lui l’énergie nécessaire, de gérer son effort et s’appuyer, le cas échéant, sur ses compagnons de cordée.

Lorsque je rencontre des candidats pour Game Cash, je ne cherche pas en eux l’étincelle créatrice de l’inventeur, mais plutôt une grande capacité de travail et une certaine humilité pour accepter d’appliquer, et non tenter de réinventer sans cesse, des outils et des méthodes qui ont déjà fait leur preuve.

Idée fausse n°8 :“Le franchiseur, un ami et un patron”

Lorsque j’ai lancé Game Cash, j’ai sans doute émis le souhait d’en faire une grande famille. L’idée était évidemment séduisante mais, très rapidement, je me suis aperçu à quel point elle pouvait être naïve et contreproductive.

Il y a tout d’abord un message fort à faire passer : le franchiseur n’est pas le patron du franchisé. Cela semble évident, mais la question m’est si souvent posée qu’il est sans doute utile de le rappeler… Envisager la franchise comme une nurserie de managers est une erreur. C’est la raison pour laquelle je me montre toujours très transparent et direct sur la question : le franchisé est un dirigeant d’entreprise à part entière, responsable de ses actes et de leurs conséquences. Une bonne relation doit donc permettre à chacun de parler d’entrepreneur à entrepreneur.

Par ailleurs, dans un réseau en croissance, l’enjeu humain prend de plus en plus d’importance, devenant de plus en plus difficile à maitriser. Un nombre de franchisés en hausse oblige à la vigilance. Il faut savoir repérer dans un groupe plus vaste le dissident qui refuse d’appliquer les recommandations, le parasite qui tente de fragiliser la vision et l’action du franchiseur, ou encore celui qui sollicite la direction de l’enseigne à la moindre contrariété ou difficulté.

Pour ces deux raisons, il est fondamental de conserver son pouvoir de décision, et la possibilité notamment d’exclure celui qui ne convient pas. L’affect n’étant jamais un bon conseiller, je me persuade que la franchise est avant toute chose une relation professionnelle et respectueuse, avec un objectif partagé : développer l’activité ensemble.

La franchise est donc une activité entrepreneuriale à part entière, basée sur l’alliance de deux entrepreneurs, interdépendants, sans hiérarchie verticale, qui décident, sans véritablement se connaitre, de s’accorder une confiance réciproque : confiance dans les méthodes et les outils apportés par le franchiseur ; confiance dans l’engagement et l’efficacité de l’action du franchisé.

Sans franchiseur fort, les franchisés n’ont aucune chance de perdurer? Sans franchisés loyaux et toujours plus nombreux, un franchiseur n’a aucun avenir ?

Le principe du win-win n’a jamais aussi bien porté son nom.

Vendée Globe: Jérémie Beyou prend la 3e place

Le Français Jérémie Beyou fête sa 3e place au Vendée Globe aux Sables d'Olonne, le 23 janvier 2017
Le Français Jérémie Beyou fête sa 3e place au Vendée Globe aux Sables d’Olonne, le 23 janvier 2017

Le Français Jérémie Beyou (Maître CoQ) a pris lundi soir aux Sables d’Olonne (Vendée) la 3e place du Vendée Globe, la course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance remportée jeudi par son compatriote Armel Le Cléac’h.

Beyou, 40 ans, a franchi la ligne d’arrivée à 19h40, au terme de 78 j 6 h 38 min de course, un peu plus de quatre jours après Le Cléac’h (Banque Populaire VIII), et trois jours et 11 h après le Britannique Alex Thomson (Hugo Boss), complétant ainsi le podium.

« C’est un truc de barges ! C’est une course qui se mérite, c’est pas une course qu’on te donne comme ça. (…) J’ai jamais lâché, je ne me suis jamais dit +je vais juste finir+, il y avait une belle place à aller chercher », a déclaré le Finistérien, groggy mais souriant, peu après avoir terminé son premier Vendée Globe, après deux abandons en 2008 et 2012.

Le skipper de Maître CoQ, qui avait multiplié les pépins techniques en début de course sur son monocoque de 60 pieds (18,28 m), avait repris le 20 décembre la 3e place et s’y était accroché pour ne plus jamais la lâcher.

« C’est une course démentielle, il faut prendre sur soi, être patient et la patience n’est pas la première de mes qualités. Pendant 78 jours, c’est une remise en question permanente. Si t’es pas prêt à ça, t’es pas 3e à l’arrivée », a souligné Jérémie Beyou.

Patientant environ trois heures en mer, l’Imoca du Finistérien a commencé à remonter le chenal vers 22H50 sous un ciel étoilé, remorqué par un pneumatique. Un fumigène dans chaque main, le marin a laissé éclater sa joie, acclamé par des milliers de spectateurs, malgré l’heure tardive.

« Je suis très content d’en avoir terminé. J’en avais plein les bottes », a-t-il lancé depuis le ponton d’arrivée, après avoir serré dans ses bras son ami d’enfance Armel Le Cléac’h, originaire comme lui de la baie de Morlaix, qui s’est adjugé jeudi le trophée en un temps record (74 j 3 h 35 min 46 sec), et après avoir salué chaleureusement Alex Thomson.

Beyou, « prêt » pour le Vendée Globe 2020 « avec des ambitions supérieures », a lancé à Thomson, qui avait connu deux abandons avant de terminer 3e, puis 2e : « If you go, I go ».

Beyou devient le quatrième marin à boucler un tour du monde en moins de 80 jours, après Le Cléac’h, Thomson et le Français François Gabart, vainqueur de l’édition 2012/2013 du Vendée Globe en 78 j 02 h 16 min.

Parmi les quinze marins devant encore franchir la ligne d’arrivée, le trio Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac)/Yann Eliès (Quéginer-Leucémie Espoir)/Jean Le Cam (Finistère Mer Vent), à la bagarre pour les 4e, 5e et 6e places et qui se tient en quelques heures, est attendu mercredi.

24/01/2017 00 :09 :01 – Les Sables-d’Olonne (France) (AFP) – © 2017 AFP

Manifestations monstres contre Donald Trump dans le monde

Une femme porte le drapeau américain comme un hijab, le 21 janvier 2017 à Berlin
Une femme porte le drapeau américain comme un hijab, le 21 janvier 2017 à Berlin

Bonnet rose sur la tête, plus de deux millions de personnes, femmes surtout, ont participé samedi aux Etats-Unis aux « Marches des femmes » organisées pour la défense des droits civiques et contre le président républicain Donald Trump, et de nombreux rassemblements ont également eu lieu à travers le monde.

Un demi-million de manifestants à Los Angeles selon la police, la même chose à New York, plus d’un million à Washington selon les organisateurs, et des centaines de milliers à Chicago, Dallas, San Francisco, St Louis, Denver, Boston et dans des dizaines de villes américaines : le succès a dépassé les espérances des marcheuses et marcheurs, une démonstration de force qui illustre les fractures persistantes de la société américaine face au 45e président, investi vendredi.

Des manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Athènes © LOUISA GOULIAMAKI AFPDes manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Athènes © LOUISA GOULIAMAKI AFP
Des manifestants opposés à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des « Marches des femmes » à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Athènes © LOUISA GOULIAMAKI AFP

Face aux chiffres en comparaison peu flatteurs donnés par la presse pour la participation à la cérémonie de vendredi, le milliardaire a critiqué les médias samedi, les accusant de « mensonge ».

« J’ai fait un discours, j’ai regardé, et cela avait l’air d’un million, un million et demi de personnes », a-t-il affirmé, contre toute évidence, à l’occasion d’une visite au siège de le CIA.

Des manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Santiago © CLAUDIO REYES AFPDes manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Santiago © CLAUDIO REYES AFP
Des manifestants opposés à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des « Marches des femmes » à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Santiago © CLAUDIO REYES AFP

Les autorités de la capitale ont pour règle de ne pas communiquer d’estimations de foules, afin d’éviter toute polémique. La seule façon de les estimer est de comparer les photos aériennes, qui montrent que l’investiture du républicain n’a rassemblé que quelques centaines de milliers de personnes, indiscutablement moins que pour Barack Obama en 2009.

- Retour « au Moyen Age » -

Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a pourtant convoqué une conférence de presse samedi en fin de journée pour tancer les médias.

Des manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Londres © Ben STANSALL AFPDes manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Londres © Ben STANSALL AFP
Des manifestants opposés à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des « Marches des femmes » à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Londres © Ben STANSALL AFP

« Ce fut la plus grande foule jamais vue lors d’une investiture, point barre, (et) nous allons demander à la presse de rendre des comptes », a-t-il lancé, en refusant de répondre à la moindre question des journalistes.

Mais l’image du jour samedi restera la marée humaine qui a envahi le centre de la capitale, dans une atmosphère bon enfant où les poussettes étaient nombreuses.

Selon les organisateurs de la « Marche des femmes » à Washington, un million de manifestants ont battu le pavé, un chiffre qui n’a pas été confirmé indépendamment.

Nombre de marcheurs venaient de Washington ou de sa banlieue, un bastion démocrate.

Des manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Paris © ALAIN JOCARD AFPDes manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Paris © ALAIN JOCARD AFP
Des manifestants opposés à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des « Marches des femmes » à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Paris © ALAIN JOCARD AFP

Beaucoup ont fait le déplacement motivés par la peur que Donald Trump nomme un nouveau juge conservateur à la Cour suprême, ce qui pourrait conduire un jour à la remise en cause du droit à l’avortement.

« Il faut que l’avortement reste légal », plaidait Joan Davis, professeure d’histoire à la retraite vivant à Washington. « C’est vraiment un droit qu’on pourrait perdre, cela nous ramènerait au Moyen-Age ».

Mais les slogans incluaient aussi la tolérance pour les minorités, l’accès à la contraception et la défense du planning familial, la protection de l’environnement, l’accueil des réfugiés…

- Washington en rose -

Des manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Lisbonne © PATRICIA DE MELO MOREIRA AFPDes manifestants opposés à l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des "Marches des femmes" à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Lisbonne © PATRICIA DE MELO MOREIRA AFP
Des manifestants opposés à l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche protestent dans le cadre des « Marches des femmes » à travers le monde, le 21 janvier 2017 à Lisbonne © PATRICIA DE MELO MOREIRA AFP

Visiblement débordés par le succès, les organisateurs n’ont pu empêcher les manifestants d’envahir pacifiquement des rues autour de la Maison Blanche, hors de l’itinéraire prévu, aux cris de « Hey hey, ho ho, Donald Trump doit partir ! » ou « Nous sommes le suffrage populaire ».

Une partie du centre-ville autour de la résidence du président a été complètement paralysée pendant plusieurs heures, avec des véhicules bloqués au milieu de la chaussée.

« Bienvenue à ton premier jour », scandaient des manifestants près des grilles de la Maison Blanche.

Manifestation anti-Trump à Berlin, le 21 janvier 2017 © Gregor Fischer dpa/AFPManifestation anti-Trump à Berlin, le 21 janvier 2017 © Gregor Fischer dpa/AFP
Manifestation anti-Trump à Berlin, le 21 janvier 2017 © Gregor Fischer dpa/AFP

La marche a été l’une des plus grandes manifestations de l’histoire de la capitale, qui n’a voté qu’à hauteur de 4% pour le républicain en novembre.

Selon les chiffres du métro de Chicago, 275.000 personnes ont emprunté ses rames samedi avant 11h00, contre 193.000 seulement la veille vendredi, jour de l’entrée en fonction de Donald Trump.

La foule a débordé de l’Independence Avenue, pleine à craquer sur 1,5 km, où le rassemblement initial avait lieu. Les manifestants ont alors envahi les pelouses du National Mall voisin, l’esplanade du centre où les foules avaient assisté à l’investiture face au Capitole.

Un aréopage de personnalités progressistes a pris la parole : le cinéaste Michael Moore, les actrices America Ferrara et Scarlett Johansson, la chanteuse Alicia Keys ainsi que Madonna, qui a fait une apparition surprise sur scène pour appeler à une « révolution de l’amour » et chanter deux chansons.

Beaucoup de manifestants portaient des bonnets roses à oreilles de chat (« pussy hats »), devenus le symbole de l’opposition à Donald Trump, qui s’était vanté en 2005 « d’attraper » les femmes « par la chatte ».

- Partout dans le monde -

Plus de 600 marches avaient également été annoncées dans le monde.

Manifestation anti-Trump à Rome, le 21 janvier 2017 © TIZIANA FABI AFPManifestation anti-Trump à Rome, le 21 janvier 2017 © TIZIANA FABI AFP
Manifestation anti-Trump à Rome, le 21 janvier 2017 © TIZIANA FABI AFP

A Londres, 100.000 personnes ont défilé selon les organisateurs. Ils étaient aussi des milliers à Sydney, 7.000 à Paris, 4.000 à Amsterdam, 2.500 à Genève, 2.000 à Montréal, plus de 1000 à Mexico, près d’un millier à Tel Aviv, et des centaines à Berlin, Barcelone, Rome ou encore Prague.

« C’est comme ça que les gens ont mis fin à la guerre du Vietnam », a lancé Whoopi Goldberg à New York, où les marcheurs ont remonté la Cinquième Avenue presque jusque sous les fenêtres de la Trump Tower, dont l’accès était bloqué par la police.

Hillary Clinton a tweeté : « L’espoir, pas la peur. (…) Merci de vous lever, de vous exprimer et de marcher pour nos valeurs ».

Manifestation anti-Trump à Mexico, le 21 janvier 2017 © PEDRO PARDO AFPManifestation anti-Trump à Mexico, le 21 janvier 2017 © PEDRO PARDO AFP
Manifestation anti-Trump à Mexico, le 21 janvier 2017 © PEDRO PARDO AFP

Donald Trump n’a pas directement commenté ces manifestations.

Il a assisté samedi matin à un office oecuménique à la cathédrale de Washington. Puis la famille présidentielle a joué au bowling à la Maison Blanche, a indiqué sur Twitter son fils Donald Jr.

Le président s’est rendu l’après-midi au siège de la CIA, à Langley, dans la banlieue de Washington, où il assuré aux agents qu’il était « à 1.000% » derrière eux, tentant d’apaiser la polémique née de ses propos très critiques à l’encontre de l’agence de renseignement

22/01/2017 04 :27 :49 – Washington (AFP) – © 2017 AFP

Huit exercices pour résister au blues du dimanche soir… et du lundi matin

L’idée de retourner au boulot le lundi vous donne le cafard. Restez zen. Préparez-vous gentiment dès le dimanche et au saut du lit le jour « J », préconise Nathalie Bergeron-Duval, sophrologue et consultante en entreprise. Conseils.

« Ca va comme un lundi. » Qui n’a jamais entendu ou proféré de tels propos au bureau au retour du week-end. Quoi de plus plombant? Pour attaquer la semaine, regonflé à bloc, mieux vaut programmer son cerveau à penser positif dès la veille. Les neurosciences nous disent que par ce biais, s’activent de nouvelles connexions neuronales orientées vers la réussite.

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Alors exit le dos courbé, les soupirs, la déprime du lundi. Voici huit exercices faciles, pour retrouver tonus, sérénité et bien-être.

L… comme ludique

Il s’agit de rompre la routine afin de dédramatiser la reprise, et de vous libérer de ce qui vous pèse, vous culpabilise. Voici deux actions décalées pour vous aider.

1. Picasso dans le sac. Chez vous, dès le dimanche soir, puis à nouveau le lundi matin, réalisez un autoportrait à l’aveugle. Munissez-vous d’une feuille, au format A4, et d’un crayon. Placez-vous devant un miroir. Observez-vous, et dessinez votre visage sans regarder à aucun moment le support papier. Durant l’opération, vous ne devez pas non plus lever le stylo, ce qui fait que tout le croquis est réalisé d’un seul trait. Le résultat a des allures de peinture cubiste. C’est assez drôle. Comparez les deux autoportraits, le second sera sans doute plus joyeux.

2. Le trajet attentif. Le long du chemin qui vous mène au travail, repérez des objets ou des scènes amusantes, incongrues : gargouillis d’oiseau, affiches, accoutrement étrange… Répétez ces observations chaque lundi durant deux ou mois mois et notez sur un carnet de bord vos remarques semaine après semaine. Vous constaterez l’évolution.

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U… comme unification

Face aux obligations et aux dossiers qui s’accumulent, le lundi matin vous avez tendance à vous éparpiller et à vous déconcentrer. Dès lors, il s’agit de bien faire fonctionner ensemble le corps et l’esprit, de les réunir dans l’effort.

3. La dépense physique. Le jardinage le week-end, les jeux avec des enfants, les balades en forêt sont d’excellents remèdes à cette séparation mental/gestuelle.

4. L’arbre revivifié. Le dimanche, debout et yeux fermés, pensez que vous êtes un arbre, bien enraciné au sol. Inspirez des pieds à la tête, le long du corps – le tronc – en vous figurant une montée de sève. Puis expirez en diffusant la sève jusqu’aux extrémités des bras et des jambes – les branches. L’exercice ne doit pas dépasser 3 minutes. Vous pouvez aussi le pratiquer le lendemain matin, dans les transports en commun.

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N… comme négatif

Telle une toxine, toute pensée négative, toute angoisse vous empoisonne votre dimanche. Pour y parer, ce jour-là, délestez-vous de vos angoisses autour du premier jour de la semaine. Pour vous en délester, vous pouvez les écrire et voir si elles se modifient d’un lundi à l’autre : stress de voir mon chef, de manquer de temps, de me planter sur le dossier X ou Y, de demander un coup de main, etc.

5. La purge symbolique. Choisissez un symbole -un grand rond, une couleur, un flacon…-, et introduisez-y mentalement toutes vos peurs. Visualisez la destruction de ce symbole et de son contenu. Vous aurez ainsi mis vos craintes irraisonnées à distance.

6. Le coup de poing. Debout, les pieds écartés, avancez votre pied droit, le corps légèrement en biais. Placez votre bras droit à l’horizontale, puis faites des moulinets avec le bras gauche poing fermé en inspirant. Retenez l’air, armez ce même bras en tirant le coude en arrière avant de le projeter devant vous en expirant (tel le geste d’un boxeur). Ayez en tête, durant ce mouvement, que vous repoussez vos peurs. Recommencez avec le bras droit. Par ce geste, vous évacuez une montée d’adrénaline. A rééditer le lundi matin avant ou après la douche.

D… comme douceur(s)

Soyez bienveillant avec vous, faites-vous plaisir sur des petites choses, grasses matinées, carrés de chocolat, expositions, etc. Cela renforcera vos pensées positives.

7. La liste de vos envies. Pour contrebalancer la rituelle to do list, rédigez une liste spécifique de ce qui vous est agréable en commençant ainsi : « le lundi, je souhaite… » Nul besoin d’écrire un roman, quelques mots suffisent. Exemples : déjeuner/ Martine, lire l’article Z, fleurs/maison etc.

I… comme image

Il s’agit d’une image-ressource apaisante que vous allez vous fabriquer et ancrer dans vos méninges afin de pouvoir la convoquer, yeux fermés, à chaque fois que vous serez las, fatigué, ou débordé.

8. la visualisation inspirante. Le dimanche et le lundi matin représentez-vous un lieu agréable et inspirant (paysage, salle de musée, café etc.) que vous inventez totalement. Utilisez vos 5 sens pour, mentalement toujours, sentir la température, humer les parfums, voir les couleurs, entendre les bruits etc. La vision doit être concrète, nourrie. Puis inspirez avec l’air, tous les éléments positifs de ce tableau et laissez-les diffuser. Vous vous sentirez apaisé.

Nathalie Bergeron-Duval est auteure, avec Géraldine Leoine, de  » La petite encyclopédie de la détente minute « , Le Courrier du Livre, Octobre 2015.