Monthly Archives: octobre 2016

Provenance des fonds et qualité d’associé : pas de sujet !

© atmospheric-Fotolia.com

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Peu importe l’origine des fonds pour justifier de sa qualité d’associé ! C’est la leçon de droit donnée par la chambre commerciale de la Cour de cassation (Cass. com. 20 sept. 2016 n°14-28.107) aux magistrats de la cour d’appel de Paris (Cour d’appel, Paris, Pôle 5, chambre 9, 2 oct. 2014 – n° 13/10567).

En l’espèce, un associé contestait des décisions adoptées lors d’assemblées générales. Pour lui refuser le droit de contester, les magistrats de la cour d’appel de Paris ont considéré qu’il n’avait pas la qualité d’associé de la société aux motifs que les fonds versés lors des apports avaient été versés, pour son compte, par un autre actionnaire ! Rappelons que les associés sont sensés effectuer des apports en capital à la constitution puis lors d’augmentations de capital ultérieures. Mais le code de commerce n’indique pas que ces apports doivent être versés personnellement par les actionnaires. Libres à eux de s’organiser, pour qu’in fine, les fonds soient bien remis à la société.

C’est ce qui s’était passé dans ce dossier. Un associé avait remis, à un autre associé, en espèces les sommes dues au titre du capital social, à charge pour cet autre associé de les verser sur le compte de la société. Cet autre associé a jugé utile de conserver les espèces et de remettre un chèque d’un même montant aux lieu et place. Les magistrats d’appel ont retenu que l’associé ayant versé les espèces ne pouvait pas prouver le versement effectué. Mais de là à admettre que cet associé ne pouvait pas être associé alors même que le capital social, en comptabilité, était intégralement libéré, aucun magistrat n’avait jamais osé franchir le pas, jusqu’à ce que la cour d’appel de Paris se lance dans cette aventure périlleuse…

Mal lui en a pris, la censure de la Cour de cassation a été encourue et c’est tant mieux !

Ligue 1: Nice et Balotelli ne lâchent rien

L'attaquant italien de Nice Mario Balotelli face au nantais Adrien Thomasson, le 30 octobre 2016 à l'Allianz Riviera
L’attaquant italien de Nice Mario Balotelli face au nantais Adrien Thomasson, le 30 octobre 2016 à l’Allianz Riviera

Nice reste plus que jamais leader de la L1 après sa démonstration face à Nantes (4-1) à l’Allianz Riviera, une 6e victoire d’affilée acquise notamment grâce à un match plein de Mario Balotelli, auteur de son 6e but pour son retour de blessure, dimanche lors de la 11e journée.

Les Niçois de Lucien Favre s’envolent en tête du classement et comptent désormais six points d’avance sur le duo Monaco-Paris SG.

Touché aux adducteurs, « Super Mario » avait manqué les deux dernières rencontres de son équipe contre Salzbourg (1-0) en Europa League et Metz (4-2) en L1. Il n’a pas mis longtemps avant de faire parler la poudre en étant à l’origine de l’ouverture du score de Wylan Cyprien (9e) avant de doubler la mise avec un sang-froid inégalable, seul face au gardien nantais Rémy Riou (27e).

La réduction du score d’Emiliano Sala n’a été qu’un feu de paille (47e). Alassane Plea (60e) puis de nouveau Cyprien (65e), après un beau travail de Balotelli, ont aggravé la marque pour donner encore plus d’ampleur au succès niçois.

Le conte de fées se poursuit donc pour les Aiglons qui vont pouvoir aborder très sereinement la réception de Salzbourg, jeudi en Europa League.

Pour Nantes et son entraîneur René Girard, la situation ne s’arrange pas avec cette 2e défaite consécutive, la 6e en L1. Les Canaris pointent à une piètre 15e place.

Résultats de la 11e journée de la Ligue 1 de football:

vendredi

Lille – Paris SG 0 – 1

samedi

Toulouse – Lyon 1 – 2

Guingamp – Angers 1 – 0

Lorient – Montpellier 2 – 2

Bastia – Dijon 0 – 0

Nancy – Caen 2 – 0

Saint-Etienne – Monaco 1 – 1

dimanche

Nice – Nantes 4 – 1

Rennes – Metz 1 – 0

(20h45) Marseille – Bordeaux

30/10/2016 19:23:41 – Paris (AFP) – © 2016 AFP

Impôt sur les sociétés (IS): bientôt une harmonisation européenne?

La Commission européenne a présenté un projet de réforme de la fiscalité des entreprises entre les différents pays de l’Union. Un plan ambitieux qui entend lutter contre l’évasion fiscale, mais qui est encore loin d’être acquis. Explications.

Les membres de l’UE partageront-ils bientôt la même assiette fiscale? C’est le projet nourri pas la nouvelle directive, présentée le 25 octobre, par la Commission européenne. Baptisée ACCIS (Assiette Commune Consolidée pour l’Impôt sur les Sociétés), elle comprend une série de mesures censées harmoniser les politiques fiscales au sein de l’UE.

La première partie, mise en avant par Bruxelles, consiste à fixer une assiette commune. En clair, faire en sorte que les règles de calcul de l’assiette de l’impôt sur les sociétés soient semblables entre tous les membres. La taxation serait donc plus aisément « comparable » entre les différents pays même si ces derniers resteraient libres de fixer les taux qu’ils désirent. « Une tentative similaire avait déjà été amorcée en 2011 mais elle avait échouée face au refus des pays, se souvient Maïr Fereres, du cabinet d’audit et conseil financier Opsione. Ce nouvel essai permet à la fois de s’inscrire dans une logique de simplification de la vie des entreprises et de tenter de contrer les grands groupes, qui jouent de l’asymétrie fiscale existante en Europe. »

Pour le moment, seuls les groupes réalisant plus de 750 millions de chiffre d’affaires seraient concernées, donc pas vraiment toutes les entreprises. Les autres pourraient l’être à terme, si la mesure est validée et généralisée.

Le taux d’IS, une arme d’attractivité

Le deuxième étage de la fusée, prévu dans un second temps – comprend une mesure encore plus délicate: la consolidation. Elle reviendrait à permettre aux entreprises présentes dans plusieurs pays de ne s’adresser qu’à un seul interlocuteur fiscal, celui du pays où se trouve son siège social.

Ce grand processus d’harmonisation verra-t-il le jour? Rien n’est moins sûr. « La première étape du texte a des risques d’être refusée par certains pays, qui pourraient mettre leur veto, détaille Maïr Fereres. Certaines politiques budgétaires reposent sur des exceptions fiscales que les pays ne voudraient pas voir disparaître. »

C’est bien connu: tous les pays n’affichent pas la même fiscalité. Si la France est en tête du podium avec un taux de 33,3%, d’autres pays sont bien de dessous, à l’image de l’Irlande et de ses 12,5%. « La fiscalité est une arme d’attractivité et il y a, dans tous les pays, une tendance à la baisse, poursuit Maïr Fereres. Certes, l’Allemagne ne parait pas très loin de la France avec environ 30% d’imposition sur les sociétés mais trois points constituent en réalité une vraie différence pour les entreprises. » Le gouvernement français a d’ailleurs proposé dans le Budget 2017 une trajectoire de baisse de l’impôt sur les sociétés d’ici à 2020.

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Récemment, Theresa May, Première ministre britannique a menacé de baisser sensiblement le taux d’impôt sur les sociétés en le passant à 10% (il est actuellement à 20% et pourrait descendre à 17% l’an prochain) si l’Europe dit non au passeport financier lors des futures négociations du Brexit. Une arme redoutable, donc, qui peut permettre à un pays de tirer son épingle du jeu…

Syrie : raids sur un bastion des rebelles islamistes

Ce mercredi, des raids menés par le régime syrien ou son allié russe sur la province d’Idleb, bastion de groupes rebelles islamistes et djihadistes, ont fait 35 morts, selon le décompte d’une ONG, alors que se prépare une offensive pour chasser les combattants de Daech de son fief de Raqa. L’Unicef a annoncé que 22 enfants et 6 enseignants avaient été tués par des frappes aériennes sur une école dans cette province, sans dire par qui ces frappes avaient été effectuées. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), « des avions militaires ont mené six frappes sur le village de Hass, contre une école et ses environs, tuant 35 civils, dont 11 enfants ». Un des projectiles est tombé à l’entrée de l’école au moment où les enfants étaient évacués en raison des bombardements, a affirmé un militant antirégime du Idleb Media Center qui a requis l’anonymat. Des photos sur les réseaux sociaux montrent un avant-bras d’enfant sectionné avec la main toujours accrochée à un cartable et des corps d’enfants au visage ensanglanté. L’Agence France-Presse n’a pas pu vérifier de façon indépendante l’authenticité de ces photos.

Dans un communiqué, le directeur général de l’Unicef Anthony Lake dénonce « une tragédie » et un possible « crime de guerre ». L’école a été attaquée « à plusieurs reprises », précise le communiqué sans donner davantage de détails. Interrogé sur ce bombardement, l’ambassadeur russe à l’ONU Vitali Tchourkine a déclaré : « C’est horrible, horrible. J’espère que nous n’étions pas impliqués. » « Je dois d’abord voir ce que notre ministre de la Défense va dire », a-t-il ajouté. La province d’Idleb (Nord-Ouest) est un bastion de Jaich al-Fatah (l’Armée de la conquête), coalition regroupant des rebelles islamistes et des djihadistes de Fateh al-Cham, anciennement Front al-Nosra, jusqu’à sa rupture officielle avec Al-Qaïda. Selon l’OSDH, les raids aériens syriens et russes sur la province d’Idleb ont fait plus de 89 morts et 150 blessés en sept jours.

Raqa « dans les prochaines semaines »

Parallèlement, l’offensive pour reprendre à l’EI son bastion syrien de Raqa (Nord) se dessine. Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a indiqué mercredi dans une interview à la chaîne de télévision américaine NBC qu’elle commencerait bientôt. « C’est notre plan depuis longtemps, et nous sommes capables de soutenir » à la fois les offensives sur Mossoul, le bastion irakien de l’EI, qui a commencé le 17 octobre, et sur Raqa, a-t-il ajouté. Ce sera « dans quelques semaines », a-t-il précisé aux reporters en marge d’une réunion ministérielle de l’Otan à Bruxelles. Il s’agit encore de « générer et positionner les forces » qui iront « isoler » Raqa, a-t-il souligné, affirmant que la Turquie était la bienvenue pour y participer. La Turquie a lancé en août une offensive contre les djihadistes dans le nord de la Syrie, visant également à empêcher les Kurdes syriens de continuer leur expansion territoriale dans cette partie du pays. L’armée turque et les groupes rebelles syriens qui lui sont alliés ont conquis les derniers territoires syriens que l’EI détenait le long de la frontière turque, coupant les derniers accès avec le monde extérieur des djihadistes syriens.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mercredi que la Turquie était « déterminée à nettoyer dans les plus brefs délais » la ville syrienne de Minbej, non loin de la frontière, contrôlée par des milices kurdes soutenues par Washington. Les groupes kurdes PYD (Parti de l’union démocratique) et sa branche armée, les YPG (Unités de protection du peuple), sont considérés comme des organisations terroristes par Ankara, qui reproche à Washington de soutenir ces groupes pour combattre l’EI. Par ailleurs, la Russie s’en est pris mercredi à un haut responsable de l’ONU qui avait dénoncé les bombardements sur Alep-est comme une tactique pour vider cette partie de la ville de ses habitants. Évoquant ces raids syriens et russes devant le Conseil de sécurité, le patron des opérations humanitaires de l’ONU Stephen O’Brien a estimé que « leurs conséquences sur la population ont été horribles ». « Cette tactique est aussi évidente qu’inacceptable », a-t-il ajouté. L’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a accusé M. O’Brien d’avoir fait « une déclaration malhonnête » et de se montrer « arrogant ». Depuis son déclenchement en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 300 000 morts et provoqué le déplacement de plus de la moitié de la population.

La création d’entreprise, nouveau pansement Pôle emploi pour enrayer le chômage?

Le nombre de demandeurs d’emploi pour septembre sera connu ce 25 octobre. Pôle emploi s’est fixé comme objectif d’accompagner 70 000 chômeurs vers la création d’entreprise d’ici la fin de l’année. Une nouvelle prestation Activ’Créa est destinée à convaincre les plus hésitants.

Alors que le taux de chômage peine toujours à baisser, Pôle emploi veut désormais inciter davantage de demandeurs d’emploi à créer leur entreprise. D’ici fin 2016, l’opérateur public s’est fixé comme objectif d’amener 70 000 personnes sur le chemin de l’entrepreneuriat. Pour y parvenir, il a lancé le dispositif Activ’Créa en juillet dernier.

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Effectuée par des prestataires extérieurs, différents selon les territoires, cette prestation existait dans le passé sous d’autres appellations. Mais selon une étude parue début octobre, ces dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise étaient très peu utilisés.

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Tout l’enjeu donc, pour Pôle emploi, est de persuader certains chômeurs à franchir le pas. « L’intérêt, c’est de faire émerger toutes les idées que vous avez, rassure une conseillère Pôle emploi, devant un peu plus d’une douzaine de demandeurs d’emploi, à Versailles (Yvelines) en ce début octobre. Pour intégrer Activ’Créa, vous n’avez pas besoin d’idée fixe. Il n’y a pas d’obligation de créer une entreprise à la fin de la prestation ». S’en suit une revue des services auxquels ces potentiels entrepreneurs auront accès. Notamment, « un entretien de diagnostic qui dure 1h45″ suivi de « 10 contacts minimum » avec des experts de la création d’entreprise. Ils peuvent prendre la forme d’entretiens individuels, ou alors d’ateliers collectifs. Le parcours dure trois mois maximum.

« On ne juge pas l’idée »

Pour Cédric, les premiers contacts ont été très positifs. Suite à une rupture conventionnelle avec son ex-employeur, fin 2015, il a décidé d’abandonner le salariat. A 41 ans, il veut créer une entreprise autour de sa passion, la musculation. Problème: il ignore tout des démarches à suivre. « Le conseiller détecte si l’idée est bonne, et il fait preuve de beaucoup de pédagogie, juge-t-il. Comme vous n’avez jamais fait, vous avez peur. Si vous empruntez et que vous vous plantez, il se passe quoi? ». Le jeune créateur connaît désormais la marche à suivre pour concrétiser son projet: identifier ses concurrents et des clients potentiels, l’importance de bien chiffrer son budget, et les pièges à éviter. Il a déjà assisté à deux formations, l’une portant sur la recherche d’investisseurs et l’autre sur les différents statuts juridiques d’entreprise. Il se donne jusqu’à la fin de l’année pour décider de lancer ou non son affaire.

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« On ne juge pas l’idée, précise David Kennedy, responsable de formation chez Nuevo, le sous-traitant vers lequel le Pôle emploi de Versailles dirige ses candidats à l’entrepreneuriat. Ce n’est pas tant l’idée qui fait qu’on réussit que de travailler son projet ». Par exemple, si monter un food truck est plutôt une bonne idée en soi, lancer son business peut être plus compliqué qu’il n’y paraît, à cause des autorisations à obtenir par exemple. Etre déterminé à surmonter ou contourner ces obstacles compte. Lors de l' »entretien de diagnostic », ce professionnel sera donc surtout attentif à la motivation. Pour poursuivre dans Activ’Créa, il faut être prêt à engager des démarches rapidement, c’est-à-dire vouloir monter sa boîte dans les mois qui suivent.

Une course contre la montre?

Et surtout, il faut s’accrocher! Il va falloir apprendre à faire son étude de marché ou son business plan tout seul. « Pour quelqu’un qui n’a pas un bagage scolaire ou qui n’a pas une facilité à être autonome, ça peut être difficile à suivre. S’il l’on n’est pas au fait de ce que veut dire un bilan, l’actif, le passif, c’est un peu ardu », juge Pierre, 34 ans, un ex-opticien qui va lui créer une entreprise dans l’électricité domotique.

Une opinion que partage Sophie. Début septembre, elle a assisté à un premier atelier sur les recherches de financement auprès des banques. « Je suis vite larguée, mais ça m’intéresse énormément », raconte cette femme de 54 ans. Ex-décoratrice dans une enseigne de loisirs créatifs, elle veut devenir démonstratrice indépendante dans les salons professionnels. Toutefois, elle s’inquiète que les ateliers collectifs n’apportent pas toutes les réponses à ses questions. Autre déconvenue: parmi les dix « rencontres » promises avec des référents, « il y en aura sûrement sept par téléphone. Les jeunes sont plus habitués à Skype, aux mails mais moi… J’ai besoin de voir les gens. Les rares fois où je le pourrai, il va falloir que je prépare bien mes questions! ».

Démantèlement de la « jungle » de Calais : le déblaiement a commencé

Ce mardi, des équipes ont commencé aux alentours de 15 heures à déblayer une portion de la « jungle », notamment en enlevant les tentes inoccupées, au deuxième jour de l’évacuation des migrants. « Le début des opérations de nettoyage va aussi donner un signe que le campement de la Lande, c’est vraiment fini », avait déclaré la veille la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio. L’opération a commencé autour du Centre d’accueil provisoire (CAP), formé de conteneurs, et où sont désormais logés les mineurs. Les alentours du CAP ont été choisis parce que « c’est là que vivent les mineurs » et « nous voulons sécuriser autour », a précisé Fabienne Buccio. Des « maraudeurs (équipes de représentants des services de l’État, ndlr) vont passer dans chaque tente pour voir s’il y a encore des gens », et « si la tente est vide, l’entreprise de nettoyage » pourra la retirer.

Deuxième jour du démantèlement

Les journalistes sur place ont pu constater l’enlèvement des premières tentes dans les minutes qui ont suivi. D’autres équipes ramassaient les déchets avec de petites tractopelles, pour déverser leur contenu dans des bennes. Ce déblaiement, qui avait été planifié dès la semaine dernière pour le deuxième jour du démantèlement, est effectué en présence d’une compagnie de CRS pour parer à tout incident. Lors du démantèlement de la zone sud, en février-mars, « les agents se sont sentis agressés », a rappelé Fabienne Buccio. « Donc on les protège en déployant les CRS dans une zone définie, dans laquelle les maraudeurs arrivent », a-t-elle encore déclaré. Alors que commençaient les travaux de nettoyage, deux incendies, le premier d’une maisonnette, le second d’un abri, se sont produits quasi simultanément de part et d’autre du CAP, rapidement maîtrisés par les pompiers.

« On ne demande pas à l’Etat d’acheter 4 millions de bidets Allia, mais de réagir »

Opposés à la fermeture de deux usines en France, une délégation de salariés de l’entreprise Allia a manifesté vendredi 21 octobre, devant le siège de leur actionnaire suisse. Ils espèraient infléchir cette décision ou obtenir des garanties sur les 255 emplois menacés.

Le départ des bus est prévu à 3 heures du matin de Digoin, une petite commune de Saône-et-Loire. Une autre délégation doit quitter La Villeneuve-au-Chêne (Aude), 45 minutes plus tard. Les 350 salariés des usines Allia, fabricant de sanitaires en céramique, qui font partie du voyage, ont prévu d’arriver dans la matinée à Jona, en Suisse. Leur destination? Le siège du groupe Geberit, leur actionnaire helvète, qui a racheté l’entreprise en 2015. Ils entendent contester la décision prise en mai dernier par le groupe de fermer ses usines françaises.

« L’explication qui nous a été donnée, c’est celle d’un changement de stratégie, explique Pierre-Gaël Laveder, salarié d’Allia et représentant au comité central d’entreprise. On nous a expliqué que nous n’étions plus assez performants, que nous coûtions trop cher et que ce marché de la céramique plombait tous les comptes français. J’ai déjà eu sous les yeux des dossiers de plans sociaux et les dirigeants reprennent à chaque fois les mêmes excuses, les mêmes formules toutes faites. »

Car les salariés ne goûtent pas franchement à ce revirement de stratégie. « En septembre dernier, un expert a été nommé via le comité d’entreprise pour étudier la procédure mise en oeuvre par la direction du groupe, poursuit Pierre-Gaël Laveder et il a qualifié cette stratégie « d’imposture intellectuelle » et réclamé des pièces complémentaires que les directions française et suisse ont refusé de lui communiquer. » Bien décidée à se défendre jusqu’au bout, l’intersyndicale a mené, début octobre, deux recours en justice contre les dirigeants pour entrave à l’information des salariés.

La mort d’une partie de notre industrie

La première réunion d’information-consultation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) engagé par la direction a eu lieu le 15 septembre et les représentants salariés disposent de quatre mois pour trouver une solution. « Ils veulent qu’on négocie sur les conditions de départ mais nous on ne bougera pas tant que l’expert n’aura pas obtenu les pièces nécessaires et que la direction n’a pas avancé un plan plus précis, ajoute Pierre-Gaël Laveder. On se rend en Suisse dans ce but-là : pour réclamer l’annulation du projet ou obtenir de leur part des solutions alternatives pour sauvegarder les 255 emplois en danger. »

Les salariés seront accompagnés des élus des deux communes concernées. Fabien Genet, maire de Digoin et son homologue de La Villeneuve-au-Chêne entendent dialoguer avec les dirigeants du groupe Geberit, qui ont prévu de les recevoir. « Pour un élu, c’est un drame de voir partir 155 emplois dans un bassin déjà violemment frappé, confie Fabien Genet. Cette décision, que j’ai du mal à comprendre, en dit long sur la mort d’une partie de notre industrie. » Le maire conteste en effet les justifications mises en avant par le groupe – que nous n’avons pas pu joindre – et y voit une volonté de privilégier d’autres pays comme le Portugal ou la Pologne. « Il nous a en effet été dit que la production serait reprise là-bas, commente Pierre-Gaël Laveder. Il n’est pas question pour nous de taper sur nos collègues à l’étranger, mais d’interroger cette fameuse stratégie et ses conséquences. »

« Il y a des solutions »

Pour Fabien Genet, il faut mettre les dirigeants du groupe face à leurs responsabilités. « Je trouve assez problématique d’envisager la mort de cette filière céramique et la délocalisation des usines alors que Geberit va continuer à vendre des produits sur le territoire français et sera bien contant d’avoir des clients dans l’Hexagone », critique l’élu.

Conscient que la partie n’est pas forcément gagné, le maire se refuse pour autant à abandonner et entend jouer sa carte politique. « Il y a des solutions, j’en suis convaincu. Nous ne sommes pas face à un dossier comme Kodak où il n’y a plus de marché, juge-t-il. Il y a certes des difficultés mais on vend toujours des douches ou des lavabos », pointe l’élu. Le groupe Geberit revendique 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015. Et se défend d’avoir pris une décision ferme et définitive en renvoyant au processus d’information-consultation. « Il y a une phase de discussion prévue par la loi française, qui permet d’envisager toutes les éventualités, explique Roman Sidler, responsable de la communication du groupe. C’est un projet local, de nos managers français et ce n’est qu’à l’issue de cette période qu’une décision sera prise. »

L’espoir d’un soutien du Secrétaire d’État à l’Industrie

Le poids d’un élu local sera-t-il suffisant face à une logique d’entreprise ? « Je suis là pour représenter les gens et je ne peux pas rester en dehors des enjeux économiques même si, évidemment, je respecte les acteurs et le rôle de chacun. Mais je pense qu’il faut essayer de peser », rétorque-t-il.

Justement, pour peser encore plus fort, Fabien Genet aimerait que sa voix se mêle à celle de Christophe Sirugue. Contacté par L’Express, le cabinet du Secrétaire d’État à l’Industrie… et député de la 5e circonscription de Saône-et-Loire, a indiqué vendredi 21 octobre, qu’il « s’était saisi de ce dossier comme de tous les autres et qu’une réunion aurait lieu avec les élus la semaine prochaine. »

De quoi rassurer peut-être Fabien Genet, qui attend un geste. « Nous avons déjà eu une entrevue au ministère du Travail et je sais que les services du préfet travaillent déjà sur cette question, mais j’attends qu’il se saisisse d’un dossier qui le concerne, espère l’élu. Je ne lui demande pas d’acheter 4 millions de bidets Allia pour sauver les usines, lance-t-il en référence à l’interventionnisme du gouvernement lors du dossier Alstom à Belfort. Mais je n’imagine pas qu’il ne réagisse pas à un dossier qui se passe chez lui. Parfois, la voix d’un élu local ou même celle d’un commissaire au redressement productif ne suffisent plus… »

Législatives en Lituanie: victoire surprise de l’Union des paysans et Verts

Le parti LGPU, de Saulius Skvernelis, photographié le 29 septembre 2016, a remprorté un succès surprise dimanche lors du second tour des élections législatives en Lituanie
Le parti LGPU, de Saulius Skvernelis, photographié le 29 septembre 2016, a remprorté un succès surprise dimanche lors du second tour des élections législatives en Lituanie

L’Union des paysans et Verts (LGPU, centre), disposant d’une seule voix dans le Parlement sortant, a remporté un succès surprise dimanche au second tour des élections législatives lituaniennes, devant les conservateurs et les sociaux-démocrates au pouvoir, a annoncé la Commission électorale.

LGPU peut compter sur 56 sièges dans un Parlement de 141 députés, devant les conservateurs de l’Union de la patrie-Chrétiens-démocrates avec 30 sièges et les sociaux-démocrates du Premier ministre Algirdas Butkevicius avec 17 députés, a indiqué à l’AFP Elena Masvenaite, membre de la Commission électorale, après le décompte de la quasi totalité des bulletins de vote.

« Nous ressentons notre responsabilité pour la conduite de l’Etat », a déclaré à la télévision lituanienne Saulius Skvernelis, le candidat de LGPU au poste de Premier ministre, sans être membre de ce parti.

Un électeur vote, le 9 octobre 2016 à Vilnius © Petras Malukas AFP/ArchivesUn électeur vote, le 9 octobre 2016 à Vilnius © Petras Malukas AFP/Archives
Un électeur vote, le 9 octobre 2016 à Vilnius © Petras Malukas AFP/Archives

« Un gouvernement rationnel sera formé », a assuré cet ancien chef de la police nationale très populaire grâce à la lutte sans merci qu’il a menée contre la corruption.

M. Skvernelis, 46 ans, s’est lancé dans la politique il y a deux ans à peine, troquant son uniforme de policier contre un costume-cravate et le cabinet du ministre de l’Intérieur.

« Je ne m’attendais pas à un tel résultat », a déclaré à l’AFP Ramunas Vilpisauskas, directeur de l’Institut des relations internationales et des sciences politiques à Vilnius. « Cela signifie vraiment que les gens veulent des visages nouveaux en politique. Ils ne sont pas satisfaits de la politique menée ces dernières années mais qu’espèrent-ils concrètement, cela est difficile à dire. Les candidats (de LGPU) sont peu connus », a-t-il ajouté.

Selon lui, le nouveau pouvoir en Lituanie ne va pas changer le cours de la politique étrangère de ce pays balte bien ancré dans l’Otan, l’Union européenne et la zone euro.

Le parti LGPU, dont le leader officiel est Ramunas Karbauskis, un milliardaire, propriétaire terrien et industriel, a promis de stimuler la hausse des salaires, ainsi que la croissance économique afin de contenir l’émigration des jeunes, grand thème au coeur des débats électoraux.

Depuis 15 ans, la population lituanienne a chuté de 600.000 personnes, à 2,9 millions d’habitants, à la suite principalement d’un exode massif dans le but de rechercher de meilleurs salaires à l’étranger, notamment en Grande-Bretagne.

24/10/2016 01:35:25 – Vilnius (AFP) – © 2016 AFP