Monthly Archives: juin 2016

Loi travail : l’utilisation du 49.3 se précise

Le recours au 49.3 était dans tous les esprits jeudi, alors que les députés ont modifié en commission le projet de loi travail comme proposé par le gouvernement pour renforcer le rôle des branches. La commission des Affaires sociales a adopté les trois amendements du gouvernement présentés mercredi, afin de « mieux associer les partenaires sociaux et conforter le rôle des branches professionnelles », selon la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

Contrairement à ce qui s’était passé en première lecture en avril, la ministre s’est invitée brièvement à cette réunion de députés, reconnaissant « une entorse au fonctionnement de cette commission » présidée par Catherine Lemorton (PS). Quelques opposants au texte dont des frondeurs PS, parfois non membres de la commission, sont aussi venus défendre, en vain, des amendements notamment au très contesté article 2 sur l’aménagement du temps de travail par accord d’entreprise, alors que l’examen dans l’hémicycle à partir de mardi pourrait tourner court si le gouvernement décide de recourir à nouveau au 49.3 pour faire adopter le projet de loi sans vote.

« Que fait-on ici ? »

Dans un parallèle avec l’Euro, Catherine Lemorton a invité à jouer « un match après l’autre » : le rôle de la commission est important « si vraiment vous redoutez un 49.3″, car s’il « tombe sur le texte », c’est avec « toutes les modifications en commission », a-t-elle insisté. Elle a en outre déploré le peu de députés de l’opposition présents et « le cirque que certains et certaines vont faire mardi dans l’hémicycle ».

Mais, a demandé Gérard Cherpion (LR), « que fait-on ici » alors que « le gouvernement continue de négocier avec les partenaires sociaux ? ». Sa collègue Isabelle Le Callennec (LR), s’est aussi interrogée sur tout « travail utile » de la commission, après l’annonce par François Hollande d’un nouveau 49.3 si nécessaire. « Si vous pouviez nous dire à quel moment vous allez dégainer le 49.3, ça nous ferait gagner du temps », a lancé le centriste Arnaud Richard à Myriam El Khomri.

Les partenaires sociaux « entendus »

La ministre a défendu elle-même son amendement visant à « placer les partenaires sociaux au centre des travaux de refondation du Code du travail », objet de l’article 1. Le Haut Conseil du dialogue social sera ainsi associé. Dans l’après-midi, c’est la secrétaire d’État Clotilde Valter qui a présenté les deux autres amendements du gouvernement, sur l’article 13, destinés à renforcer et clarifier le rôle des branches. « Nous avons écouté et entendu les partenaires sociaux et les parlementaires », a assuré Clotilde Valter.

Le premier amendement prévoit une négociation au sein de chaque branche pour définir les thèmes sur lesquels les accords d’entreprise ne pourront pas être moins favorables que les accords de branche (hors les cas où la loi prévoit la primauté de l’accord d’entreprise). Le second ajoute deux domaines où l’entreprise ne pourra pas faire moins bien que la branche : l’égalité professionnelle et la pénibilité.

« On change l’article 2 de nature »

Isabelle Le Callennec a jugé que par ces dernières modifications « on change l’article 2 de nature » et « on a vidé le peu d’avantages qu’il y avait à cette loi ». Mais selon l’oratrice des socialistes, Monique Iborra, le gouvernement a simplement « précisé ce qui était déjà dans la loi mais n’était entendu par personne ». À plusieurs reprises, le rapporteur Christophe Sirugue (PS), qui avait déposé les mêmes amendements que le gouvernement, a appelé ses collègues à ne pas voir que des « risques » dans ce texte.

Sur le fond, les députés ont pour l’essentiel rétabli leur version, après la réécriture opérée au Sénat, qui avait notamment supprimé les 35 heures hebdomadaires, relevé des seuils sociaux ou encore restreint le champ du compte pénibilité. À l’issue de cette journée marathon d’examen, la commission a voté l’ensemble du projet du loi, après avoir modifié son titre à l’initiative du rapporteur : projet de loi « relatif au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels ».

Concluant sur une nouvelle note footballistique, Isabelle Lemorton a brandi une écharpe bleue, espérant que le match dimanche avec l’équipe de France mette tout le monde « d’accord ».

Six citations pour mieux gérer son temps

Saint-Exupéry, Henry Kissinger, René Char… Ces grandes figures ont dit et écrit le rôle bénéfique et désastreux du temps. S’il faut savoir le doser et l’optimiser, il faut aussi savoir le perdre, en respectant ses accélérés et ralentis naturels.

Dans le rush souvent, l’oeil rivé sur la pendule toujours, les cadres modernes peinent à structurer leurs priorités et à laisser filer les minutes, pour se poser et trouver l’inspiration. Le temps est un sujet universel dont se sont emparés écrivains, scientifiques et politiques de toute époque. A travers des phrases courtes et évocatrices, ils nous ont livré un concentré d’expérience qui nous éclaire encore aujourd’hui. Florilège commenté.

1. « Ne renoncez jamais à un rêve juste à cause du temps qu’il faudra pour l’accomplir. Le temps passera de toute façon. » Earl Nightingale (conférencier américain)

A trop courir, nous renonçons à vivre une passion, à explorer des domaines inconnus. Ecrire un roman, gravir un sommet, apprendre le chinois… Ce sera pour la retraite. Or le rêve a besoin de mûrir, d’être pensé pour se façonner dans la mémoire. Et de se confronter au terrain, où il se précisera, prendra corps. Du coup, le temps devient un allié. Ce qui est bon dans le rêve, c’est le chemin plus que l’aboutissement.

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Conseils. Plantez la graine dès aujourd’hui. Dégagez du temps pour vous lancer. Vous aurez du plaisir à retrouver votre projet régulièrement, et à constater vos progrès.

2. « L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant. » René Char

Souvent, l’insignifiant prend la coloration de l’urgence. Vite, il nous faut rendre ce service, monter ce dossier. On se débarrasse pour avoir l’esprit tranquille, or l’esprit n’est jamais tranquille. Ou, au contraire, oublieux des aiguilles de la montre on est absorbé par le souci du détail et de la perfection. Stop. Place aux priorités!

Conseils. Distinguez l’important (ce qui contribue à vos objectifs et missions clés) de l’urgent (ce qui comporte des risques à ne pas être traité tout de suite). Démarrez chaque journée en réalisant une tâche importante. Et à chaque nouvelle tâche, interrogez-vous sur sa valeur ajoutée au regard de celle de vos autres activités.

3. « Moi, se dit le petit prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… » Antoine de Saint-Exupéry

Sur la terre, le petit prince croise un marchand de pilules qui apaisent la soif, ce qui permet aux gens d’économiser, en une seule prise, 53 minutes par semaine. Pour en faire quoi ? Flâner, étancher sa soif autrement, éprouver le plaisir de boire. On peut lire cette histoire comme une apologie du « temps perdu ». Ne rien faire aide à se centrer sur soi et à libérer son énergie créatrice.

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Conseils.Autorisez-vous à ne pas être à fond en permanence. Apprenez à savourer le présent. Rebaptisez les « temps morts » (salle d’attente, trajet etc.) en « temps blancs » ou « temps ouverts », vous les vivrez non plus en négatif mais en positif.

4. « Que de temps perdu à gagner du temps ! » Paul Morand

Vouloir tout faire soi-même, éviter de parler 10 minutes avec les intervenants avant d’animer une réunion, écourter la préparation d’une rencontre-client sont, au final, de mauvais calculs. Si en se refusant à former un collaborateur sur une tâche complexe, ou en préférant improviser lors des rendez-vous professionnels, l’intéressé grignote à l’instant « t » une heure ou deux, sur le moyen et long terme il en dilapide. Il lui faut voir plus loin, en extrapolant les bénéfices temporels de l’effort initial.

Conseils.Déléguez. Investissez du temps à accompagner les salariés, et à expliquer en amont les objectifs d’une réunion. Bûchez vos ordres du jour et dossiers commerciaux, etc. Vous en serez plus efficace!

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5. « Le moment où l’on pense est aussi important que ce que l’on pense.«  Marc Schwob, (neuropsychiatre)

L’individu se dit « du soir » ou « du matin ». De fait, il énonce que c’est tôt ou tard dans la journée qu’il est enfin au calme pour avancer ses sujets. Tenir compte de ses rythmes biologiques permet d’activer ses neurones au meilleur moment, assurent les experts. Or, c’est le matin que le cerveau est le plus frais, l’instant idéal pour élaborer des stratégies. Car dès le réveil, on produit des toxines qui s’accumulent jusqu’à la nuit. Ensuite, durant le sommeil, l’organe cérébral nettoie, élimine, range et fait des associations prometteuses.

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Conseils. Observez votre horloge interne pour vous caler sur elle. Faites des micro-siestes en début d’après-midi pour vous ressourcer et dormez suffisamment en prenant le train du sommeil à l’heure.

6. « Il ne peut pas y avoir de crise la semaine prochaine: mon agenda est déjà plein. » Henry Kissinger

Avec humour, ce grand diplomate américain, secrétaire d’Etat des présidents Richard Nixon et Gérald Ford à l’époque de la guerre froide, exprimait combien l’imprévu pouvait bousculer les calendriers officiels et combien il était rarement prévu. Or s’ils sont inconnus, les aléas sont prévisibles. Autant les programmer pour ne pas les subir.

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Conseils. Examinez la semaine passée, et évaluez le temps que vous avez consacré aux imprévus. Puis réglez votre planification en fonction: si c’est 25%, ne prévoyez pas plus de 6 heures de travail sur une journée de 8 heures. Réservez des plages de disponibilité dans votre calepin, vous pourrez canaliser et absorber l’inattendu ou l’urgence absolue.

Pascale Bélorgey a publié « La boîte à outils de la gestion du temps », Dunod, mai 2014.

Euro 2016 : le jour où… Bierhoff a inscrit le premier but en or dans un Euro

Mieux vaut tard que jamais : l’adage correspondrait plutôt bien à la carrière d’Oliver Bierhoff. Ce grand attaquant de 1 m 91 fait partie de ces Allemands qui ont plus marqué les esprits (et les buts) à l’étranger que dans leur championnat domestique. Faut-il y voir une raison de son arrivée tardive en équipe nationale ? Bierhoff, qui évolue à l’Udinese, attend ses 28 ans pour vivre sa première sélection en 1996, dans un match de préparation à l’Euro. Une consécration tardive avec la Mannschaft qui ne va pas l’empêcher de rapidement connaître la postérité.

Un but en quatre minutes

Quelques mois plus tard lors de l’Euro en Angleterre, l’Allemagne dispute la finale à Wembley contre la surprenante République tchèque, tombeuse de la France en demi-finale. Les deux pays figuraient déjà dans la même poule, et ce sont les Allemands qui avaient pris le meilleur (2-0) en faisant la différence dès la première période.

Mais ce jour-là, c’est évidemment une autre histoire. Les Tchèques, emmenés par Nedved, prennent l’avantage après une heure de jeu sur un penalty transformé par Berger à la suite d’une faute sur le remuant Poborsky. Faute commise légèrement à l’extérieur de la surface. L’Allemagne bloquée en attaque, le sélectionneur Berti Vogts opte pour l’entrée d’un troisième attaquant, Oliver Bierhoff, à la place d’un milieu, Mehmet Scholl. Conséquence immédiate, puisque l’avant-centre de l’Udinese n’a besoin que de 4 minutes pour égaliser de la tête, à la suite d’un coup franc rentrant de Christian Ziege.

Bierhoff permet à son équipe de jouer une nouvelle prolongation. Jusqu’à présent, quatre des six rencontres à élimination directe du tournoi ont été jouées aux tirs au but (un exercice dont l’Allemagne est sortie victorieuse en demi-finale face aux Anglais). Et pour cause : l’instauration du but en or, visant à éviter les cruels épilogues aux tirs au but, a pour effet de totalement brider des joueurs qui ne se livrent pas durant la prolongation, sous peine d’être fatalement punis.

Ce 30 juin 1996, cinq minutes suffiront pourtant à la Mannschaft pour inscrire le premier but en or de l’histoire d’un championnat d’Europe des Nations. Héros d’un jour, Bierhoff est dos au but à l’entrée des 18 mètres lorsqu’il parvient à frapper du gauche. Un tir dévié par un défenseur tchèque et freiné maladroitement par Kouba, le portier, qui ne peut que regarder le ballon mourir au fond de ses buts. L’Allemagne est championne d’Europe pour la troisième fois de son histoire. Une histoire à laquelle Oliver Bierhoff restera lié à jamais.

Pôle emploi présente ses nouveaux services aux entreprises

Petit exercice d’autopromotion, pour l’opérateur public, ce 21 juin. Le temps de se féliciter des nouveaux services digitaux qu’il propose. Et de souligner l’efficience du dispositif de conseillers entreprise mis sur pied il y a un an.

La rencontre avait lieu dans une agence Pôle emploi située près de la place de Clichy, à Paris. Jean Bassères, à la tête de l’opérateur public, est venu ce 21 juin présenter à la presse les actions en direction des entreprises, un an après le déploiement sur tout le territoire de conseillers dédiés spécifiquement aux entreprises.

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En plus de leur rôle d’accompagnateur traditionnel, ces conseillers se plient à une stratégie de prospection initiée par Pôle emploi. En clair, il ne s’agit plus seulement d’attendre que des employeurs publient une offre pour leur proposer des candidats en retour. Mais, de façon proactive, en amont, d’aller à leur rencontre pour mieux comprendre leurs besoins et voir en quoi certains profils de chômeurs pourraient « matcher ».

Des conseillers entreprise confortés dans leur mission

Selon une étude datant de mars 2016, la prospection aiderait à déclencher un processus de recrutement que l’entreprise hésitait à mettre en oeuvre. L’impact serait donc positif sur les embauches, et notamment sur celles en CDI.

Les conseillers entreprise sont aujourd’hui 4 200. Malgré un bilan positif, ce nombre n’est pas voué à augmenter. « Basculer des effectifs supplémentaires poserait des problèmes pour l’accompagnement des demandeurs d’emploi », estime Jean Bassères. Mais la force de frappe des conseillers entreprise devrait quand même s’accentuer, puisque désormais, ils n’auront pu à prendre en charge les demandeurs d’emploi arrivant l’après-midi sans rendez-vous dans les agences, tâche que tous les conseillers, sans distinction, devaient jusqu’à présent effectuer collectivement.

Un accès libre aux candidats

Le directeur de Pôle Emploi en a également profité pour présenter l’espace entreprise du site poleemploi.fr, fraichement rénové. Principale nouveauté : l’employeur va pouvoir saisir librement l’intitulé du poste lorsqu’il dépose une annonce. Alors qu’auparavant, il fallait que la rédaction colle au référentiel de Pôle emploi. Autre ajout : un accès direct à la CVthèque, et donc aux candidats, même sans avoir publié une offre. Les entreprises peuvent également se créer une sorte de mini-site, pour accroître leur visibilité.

Ces services digitaux s’ajoutent à ceux, plus classiques, proposés par Pôle emploi : l’immersion professionnelle, qui permet une observation mutuelle entre l’entreprise et le candidat, pendant un jour, une semaine, un mois, avant une éventuelle embauche. « Le recrutement par simulation fonctionne aussi très bien, ajoute Misoo Yoon directrice générale adjointe en charge de l’offre de services. Il repose sur l’évaluation des habiletés des candidats. Il été proposé à 150 000 demandeurs d’emploi rien qu’en 2015, et a donné lieu à 40 000 recrutements. Pour 80% d’entre eux, dans un secteur différent de leur métier d’origine. »

C’est d’ailleurs une des pistes de réflexion et d’expérimentation pour le futur, a assuré Jean Bassères : « Sortir du diktat du référentiel métier est le chantier majeur des prochaines années. Nous allons voir comment, de plus en plus, favoriser le recrutement selon les compétences. »

Alerte terroriste à Bruxelles : le suspect avoue avoir tout inventé

Le jeune homme portant une ceinture explosive factice qui a déclenché une fausse alerte mardi en plein cœur de Bruxelles a avoué aux enquêteurs qu’il avait tout inventé, a annoncé le parquet de la capitale belge. Cet homme âgé de 26 ans, identifié par les initiales « J.B. », avait lui-même contacté la police vers 5 h 30 (3 h 30 GMT) et affirmé qu’il avait été enlevé et déposé à proximité du grand centre commercial City 2 « avec une ceinture d’explosifs qui devait être déclenchée à distance par une tierce personne ».

Interpellé sur place, il a été entendu par les enquêteurs, qui se sont également rendus au domicile de sa mère, a expliqué le parquet dans un communiqué publié dans l’après-midi. « Cette visite domiciliaire a permis de découvrir des restes du matériel ayant servi à la fabrication de ladite ceinture factice. Confronté à cet élément d’enquête, le suspect est passé aux aveux et a reconnu avoir inventé son enlèvement », a précisé le parquet.

Une ceinture factice

Appelés sur place, tandis que le quartier avait été bouclé, les démineurs ont découvert que la ceinture qu’il portait était factice et qu’elle « contenait du sel et des biscuits ». « En ce qui concerne le véhicule qu’il a désigné comme ayant servi à son enlèvement, le suspect a reconnu avoir relevé au hasard » dans la rue une plaque d’immatriculation, a précisé le parquet, soulignant que le propriétaire de la voiture avait été remis en liberté après avoir été entendu.

Quant à l’auteur des fausses déclarations, il va faire l’objet d’une enquête d’un juge d’instruction, saisi par le parquet du chef de fausse information concernant le danger d’« un attentat ». Le parquet avait indiqué plus tôt qu’il était « connu de la justice pour divers faits, y compris certains liés à des problèmes psychiatriques ». Il a requis son placement en détention provisoire et une expertise psychiatrique. Le juge d’instruction dispose de 24 heures pour prendre sa décision. L’alerte a été prise d’autant plus au sérieux que le centre commercial en question faisait partie des sites mentionnés ces derniers jours dans les médias belges en tant que cible potentielle d’attaques.

Start up: quels écosystèmes activer pour accélérer son développement?

Lorsqu’une start-up cherche à grandir, elle se doit se poser des questions opérationnelles et stratégiques. Aujourd’hui, de nouveaux environnements collaboratifs se développent autour des grandes entreprises, du capital investissement et des entrepreneurs.

On le sait, les start-up peuvent puiser des ressources au sein des nombreuses structures nées de la volonté des pouvoirs publics d’accompagner l’innovation: pôles de compétitivité, incubateurs et accélérateurs. Parmi ces derniers, le Hub de Bpifrance, créé il y a un an, met en relation une quarantaine de jeunes pousses en plein développement avec de grands groupes. Sa directrice, Cécile Brosset décrypte la montée en puissance de nouveaux écosystèmes qui opèrent dans un esprit collaboratif et « agile ».

Rejoignez l’écosystème de vos clients grands comptes

Une petite révolution a lieu. Les grandes entreprises ne se contentent plus d’être de simples clients pour vous. Aux prises avec les enjeux stratégiques de la transformation numérique, ces groupes, souvent leaders sur leur marché, cherchent à créer leur propre écosystème autour de start-up innovantes. Elles nouent avec elles de nouvelles relations à géométrie variable, sur un mode « gagnant-gagnant » et à un niveau de management élevé, pouvant aller jusqu’à la direction générale.

Le « géant » apporte à la jeune pousse de l’expertise technique ou fonctionnelle, des missions ciblées autour de la méthodologie, d’une question opérationnelle ou parfois même une prestation de service pointue. Au-delà de ses compétences, c’est son puissant réseau – y compris à l’international – qui est mis à votre disposition. Parfois, cette collaboration réussie aboutit à une entrée au capital de votre start-up.

Optimisez vos relations avec les fonds d’investissement

Autre tendance forte, source de valeur pour les start-up, l’approche plus impliquée du capital investissement. Vous avez tout intérêt à cultiver et à nourrir vos relations avec les investisseurs: que ce soit les business-angels qui vous ont soutenu au début de votre aventure ou les acteurs du capital innovation prêts à vous suivre dans vos projets de développement.

Tous peuvent apporter des compétences précieuses. Ils connaissent les logiques de marché, les lignes de force d’un business naissant et ils maîtrisent des expertises financières. N’hésitez pas à les solliciter dans une logique de développement commun. Enfin, n’oubliez pas les fonds internationaux dans un monde globalisé.

Explorez les ressources de la communauté des entrepreneurs

Il existe aujourd’hui un réseau de jeunes entrepreneurs de plus en plus structuré dans toutes les régions de France. L’esprit d’entraide y est très fort. Vous y trouverez de l’inspiration en échangeant sur les retours d’expérience et les bonnes pratiques, des conseils, une vision des marchés en pointe, une connaissance des enjeux à l’international et, bien sûr, un réseau très utile de contacts et de prestataires. Il est, en effet, crucial de pouvoir s’entourer des bonnes compétences sur les plans de la gestion des ressources humaines, de la communication ou encore juridique.

Niger: 34 migrants dont 20 enfants retrouvés morts dans le désert

Photo prise dans le désert nigérien le 23 février 2005, entre Agadez et Arlit, à 850 km au nord de Niamey
Photo prise dans le désert nigérien le 23 février 2005, entre Agadez et Arlit, à 850 km au nord de Niamey

Trente-quatre migrants, dont 20 enfants, sont morts la semaine dernière dans le désert nigérien, en tentant de se rendre en Algérie voisine, devenue une destination privilégiée des migrants subsahariens.

« Trente-quatre personnes dont cinq hommes, neuf femmes et vingt enfants ont trouvé la mort dans leur tentative de traverser le désert », a indiqué le ministère nigérien de l’Intérieur dans un communiqué transmis à l’AFP.

« Ils sont probablement morts de soif, comme c’est souvent le cas, et ils ont été retrouvés près d’Assamaka », un poste frontalier entre le Niger et l’Algérie, a confié à l’AFP une source sécuritaire.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Niger est l’un des « pivots » des routes migratoires « vers l’Union européenne » et « en particulier vers l’Italie ». 60% des migrants qui traversent la Libye pour rejoindre l’Europe par la Méditerranée centrale « sont passés par le Niger ».

Les migrants « ont été abandonnés par des passeurs » au cours « de la semaine du 6 au 12 juin 2016″, explique le communiqué. Seuls deux corps ont été « identifiés », ceux d’un Nigérian et d’une Nigérienne de 26 ans, précise le texte.

Des milliers de migrants sont arrivés clandestinement ces dernières années en Algérie, principalement du Mali et du Niger, pays avec lesquels l’Algérie partage une longue frontière.

L’Algérie est devenue une destination privilégiée pour les migrants subsahariens, supplantant la Libye en proie au chaos.

Ces derniers, qui s’installaient auparavant dans la grande ville saharienne de Tamanrasset ou traversaient l’Algérie pour tenter de rallier l’Europe, sont désormais nombreux à s’établir dans les métropoles du nord du pays.

- ‘Voie périlleuse’ -

Dans le communiqué, le ministère nigérien « attire l’attention des migrants clandestins » sur « les risques qu’ils courent en tentant » cette « voie périlleuse savamment entretenue par des réseaux de criminels ».

Plus de 7.000 Nigériens en situation irrégulière en Algérie, dont une moitié de femmes et d’enfants, ont été reconduits vers leur pays en 2015 en vertu d’un accord entre Alger et Niamey.

Depuis que l’immense afflux de migrants venant de la Turquie s’est tari, avec un fragile accord entre l’UE et Ankara conclu en mars, la route maritime depuis l’Afrique est redevenue la principale porte d’entrée clandestine en Europe, toujours aussi dangereuse.

La Commission européenne a présenté la semaine dernière un plan aux pays africains, mélangeant incitations positives et négatives pour freiner l’afflux de migrants par la Méditerranée.

Le plan propose de diriger 8 milliards d’euros d’ici 2020, en provenance de fonds déjà en place pour l’aide au développement, vers les pays d’origine qui acceptent d’endiguer l’afflux de candidats à la traversée. Pour les pays refusant de coopérer, la Commission a fait planer la menace de « conséquences » sur le plan commercial.

Les détails du plan, qui devra encore être approuvé par les Etats membres, seront exposés à l’automne.

Toutes ces propositions préparent le terrain avant un sommet des Etats membres de l’UE prévu les 28 et 29 juin à Bruxelles, lors duquel sont attendues de nouvelles décisions face à la crise migratoire.

16/06/2016 02:27:46 – Niamey (AFP) – © 2016 AFP