Monthly Archives: avril 2016

La start-up Drivy a levé 31 millions d’euros

La jeune entreprise de location de voitures entre particuliers vient de finaliser un tour de table conséquent de 31 millions d’euros, afin d’étendre son développement en Europe.

Drivy va vite et ça lui réussit. La jeune start-up fondée en 2010 et qui propose une plateforme permettant aux particuliers de louer leur voiture quand ils ne s’en servent pas, vient de finaliser un tour de table de 31 millions d’euros auprès d’investisseurs.

Outre les fonds historiques qui accompagnent Drivy depuis le début comme Bpifrance ou Index Ventures, la start-up a aussi bénéficié du soutien financier de du fonds de Nokia, Nokia Growth partners. Après avoir racheté la start-up Buzzcar, Drivy se donne les moyens de son développement avec cette nouvelle grosse levée de fonds, la cinquième en six ans.

Car, le Airbnb de la location de voiture, comme il est souvent présenté, voit loin. Il vise la conquête de l’Europe. Déjà présent en Allemagne et en Espagne, Drivy entend cibler de nouveaux pays.

Malgré une concurrence réelle sur le secteur (avec des entreprises comme Ouicar) Drivy connaît une belle croissance. La start-up revendique un parc de 850 000 utilisateurs et 36 000 voitures en location.

EXCLUSIF. La Fnac prend le contrôle de Darty

La bataille entre la Fnac et Conforama pour acquérir Darty s’achève sur la victoire du distributeur français. Selon nos informations, l’enseigne culturelle est assurée de détenir au moins 50,5 % des actions de l’enseigne d’électroménager. Conforama et son actionnaire sud-africain Steinhoff ont perdu la gigantesque partie de poker que se livraient les deux groupes depuis plusieurs mois. Le prix le plus élevé payé pour acquérir ces actions s’élève à 170 pence, valorisant ainsi Darty à 1,16 milliard d’euros, contre 1,09 milliard pour l’OPA de Conforama. Reste à savoir ce que Conforama fera des actions qu’elle a déjà acquise et qui représente un peu plus de 20 % du capital de Darty…

Rapprochés, la Fnac (111 magasins en France et 73 à l’étranger) et Darty (222 magasins en France et 178 à l’étranger) créent un nouveau géant regroupant 27 100 collaborateurs et pesant 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Artemis, la holding de la famille Pinault (propriétaire du Point), restera premier actionnaire de cet ensemble. Vivendi a acquis il y a 10 jours une participation de 15 % dans la Fnac et devrait demeurer le deuxième actionnaire du nouvel ensemble.

Un géant de la vente en ligne

Un succès personnel pour Alexandre Bompard, PDG de la Fnac passé par Canal+ et Europe1, qui va ainsi diriger une multinationale de la distribution présente dans une quinzaine de pays et détenant des positions de leader en France, en Allemagne et en Europe du Sud. En grande difficulté il y a six ans, la Fnac est métamorphosée, rentable et recentrée sur le numérique et la vente de produits à haute valeur ajoutée. Avec Darty, elle met la main sur une marque qui réalise 17 % de son activité en ligne notamment grâce à sa filiale Mistergooddeal. Avec 10,7 millions de visiteurs uniques selon Médiamétrie, Darty et la Fnac devraient devenir le deuxième e-commerçant de France, derrière Amazon et ses 16,3 millions de visiteurs mais devant Cdiscout, eBay ou Voyages-sncf.

Cette acquisition parachève la mue de l’enseigne fondée en 1954 par André Essel et Max Théret. Alors que livres, disques et produits techniques voient leurs ventes chuter en boutiques physiques, la Fnac a revu sa stratégie en 2013 et a inventé un modèle qui lui permet de profiter du dynamisme de Fnac.com et de vendre des produits électroménagers, de la micro-informatique, de la téléphonie et des voyages.

Autriche: les partis groggy après le « tsunami » d’extrême droite à la présidentielle

Le candidat du parti FPÖ, Norbert Hofer, e 24 avril 2016 à Vienne
Le candidat du parti FPÖ, Norbert Hofer, e 24 avril 2016 à Vienne

Les partis au pouvoir en Autriche étaient groggy lundi, au lendemain de leur élimination dès le premier tour de la présidentielle, qui a vu le candidat d’extrême droite Norbert Hofer arriver en tête avec 35% des voix, un score assimilé par la presse à un « tsunami » politique.

Sur fond de crise des migrants et de montée des populismes en Europe et aux Etats-Unis, M. Hofer, un proche du patron du FPÖ Heinz-Christian Strache, a surclassé dimanche les candidats des partis social-démocrate et conservateur réunis au sein d’une grande coalition depuis 2008.

Avec 35% des voix, selon les résultats officiels définitifs, ce discret vice-président du parlement, âgé de 45 ans, réalise le meilleur résultat du FPÖ à une élection nationale depuis la guerre, loin devant l’écologiste Alexander Van der Bellen (21,3%) qu’il affrontera au second tour le 22 mai.

Vote du candidat écologiste Alexander Van der Bellen le 24 avril 2016 à Vienne, en Autriche © Dieter Nagl AFPVote du candidat écologiste Alexander Van der Bellen le 24 avril 2016 à Vienne, en Autriche © Dieter Nagl AFP
Vote du candidat écologiste Alexander Van der Bellen le 24 avril 2016 à Vienne, en Autriche © Dieter Nagl AFP

Le candidat social-démocrate Rudolf Hundstorfer (SPÖ) et le conservateur Andreas Khol (ÖVP) sont éliminés avec 11,3% et 11,1% seulement des voix chacun, une déculotté historique pour ces deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 1945.

« Le paysage politique hérité de la guerre est à terre », relève le quotidien Salzburger Nachrichten, plusieurs journaux évoquant un « tsunami » et un « tremblement de terre ».

En une, le quotidien Die Presse titre « Le jour où l’Autriche est devenue bleue », la couleur emblématique du FPÖ. M. Hofer est en effet arrivé en tête dans 90% des communes, à l’exception notable de Vienne.

- ‘Patte de velours’ -

Le chancellier autrichien Werner le 17 mars 2016 à Bruxelles © THIERRY CHARLIER AFP/ArchivesLe chancellier autrichien Werner le 17 mars 2016 à Bruxelles © THIERRY CHARLIER AFP/Archives
Le chancellier autrichien Werner le 17 mars 2016 à Bruxelles © THIERRY CHARLIER AFP/Archives

Visiblement sonnés, le chancelier autrichien Werner Faymann (SPÖ) et le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner (ÖVP), dont les mandats courent jusqu’en 2018, ont exclu tout remaniement, du moins à chaud.

M. Faymann s’est déclaré « attristé » du résultat et a assuré que le gouvernement travaillerait encore « plus dur ». M. Mitterlehner a relevé que les partis au pouvoir payaient le prix de « la peur du déclassement » d’une partie de la population et « d’une ambiance générale hostile à l’establishment ».

Plusieurs leaders populistes européens ont salué le succès du FPÖ, la présidente du Front national français, Marine Le Pen, le qualifiant de « résultat magnifique », le Néerlandais Geert Wilders de victoire « fantastique », l’Allemande Frauke Petry de score « grandiose ».

 Le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache et le candidat du parti à la présidentielle Norbert Hofer le 24 avril 2016 à Vienne © HELMUT FOHRINGER APA/AFP Le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache et le candidat du parti à la présidentielle Norbert Hofer le 24 avril 2016 à Vienne © HELMUT FOHRINGER APA/AFP
Le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache et le candidat du parti à la présidentielle Norbert Hofer le 24 avril 2016 à Vienne © HELMUT FOHRINGER APA/AFP

Au pouvoir à Vienne depuis huit ans, la « grande coalition » gauche-droite souffre d’une indéniable usure et d’une désaffection pour les élites également observée dans plusieurs autres pays, selon les analystes.

Elle a particulièrement été chahutée par une hausse du chômage dans ce pays prospère et par la crise des migrants, qui a vu 90.000 réfugiés demander l’asile en Autriche l’an passé, représentant plus de 1% de la population.

Contrairement à la tradition pour ce poste essentiellement protocolaire, l’élection du président s’est jouée « non sur les personnalités, mais sur les problèmes de société », note le politologue David Pfarrhofer pour l’AFP.

Avec M. Hofer, un ingénieur aéronautique partiellement handicapé à la suite d’un accident de parapente, M. Strache a réussi un coup de maître dans son entreprise de recentrage de l’image de son parti, soulignent les éditorialistes. Réputé pour sa courtoisie et pour sa présentation impeccable, le candidat a notamment évité tout dérapage.

« Discret jusqu’à présent, M. Hofer défend les positions de M. Strache, mais avec une patte de velours », relève le quotidien Österreich, soulignant qu’il « engrange des voix grâce à son aspect sympathique ».

- Le FPÖ ‘clairement favori’ -

 Alexander Van der Bellen et Norbert Hofer le 24 avril 2016 à Vienne © HELMUT FOHRINGER APA/AFP Alexander Van der Bellen et Norbert Hofer le 24 avril 2016 à Vienne © HELMUT FOHRINGER APA/AFP
Alexander Van der Bellen et Norbert Hofer le 24 avril 2016 à Vienne © HELMUT FOHRINGER APA/AFP

M. Van der Bellen, 72 ans, un ancien professeur d’université de sensibilité centriste, portera les espoirs du camp de gauche et de la droite modérée au second tour. Mais son retard apparaît « très difficile » à surmonter, selon le politologue Anton Pelinka.

Et ce d’autant qu’aucun candidat et aucun parti –à l’exception des Verts, qu’il a longtemps dirigés– n’a appelé à reporter ses suffrages sur lui. M. Faymann a toutefois indiqué qu' »à titre personnel » il voterait en sa faveur.

A plus long terme, estime M. Pelinka, « le FPÖ est clairement favori pour les prochaines législatives. Et on ne peut pas exclure qu’il forme alors une coalition avec le SPÖ ou avec l’ÖVP ».

En 2000, le FPÖ était entré au gouvernement comme partenaire de l’ÖVP, alors dirigé par Wolfgang Schüssel. L’UE avait alors adopté des sanctions contre le pays, un scénario jugé peu probable aujourd’hui.

Le président autrichien, élu pour un mandat de six ans renouvelable une fois, ne participe pas à la gestion au quotidien du pays mais dispose de pouvoirs formels étendus : il est chef des armées, nomme le chancelier et peut dans certaines circonstances dissoudre le parlement.

Au cours de sa campagne, M. Hofer a ouvertement menacé, s’il était élu, de recourir à cette possibilité si la majorité ne suivait pas ses recommandations concernant notamment le dossier des migrants.

25/04/2016 18:16:48 – Vienne (AFP) – © 2016 AFP

CARTE. A quel prix se sont vendus les fonds de commerce en 2015?

Chaque année depuis six ans, la Dila (direction de l’information légale et financière, qui découle de la fusion de La Documentation Française et des Journaux Officiels) publie, avec Altares, le « baromètre BODACC » des prix de vente des fonds de commerce en France. Une information bien utile pour les futurs repreneurs.

>> Pour trouver le prix dans votre département, il suffit de zoomer dessus

En 2015, la valeur moyenne des transactions (180 000 euros) s’avère nettement en baisse, par rapport à 2014 : -5,1%. « Sur l’ensemble des valorisations et rapportés au chiffre d’affaires du vendeur, ces prix représentent en moyenne 4 mois (alimentation générale) à un an d’activité (débits de boisson) », précise la Dila.

57% des 40000 transactions de 2015 ont concerné les secteurs du commerce, de l’hébergement, de la restauration et des débits de boissons.

EPGA: Levy en tête à Shenzhen, Watson et Dubuisson en rodage

Le Français Alexander Levy lors de l'Open de Shenzhen, le 21 avril 2016
Le Français Alexander Levy lors de l’Open de Shenzhen, le 21 avril 2016

Le Français Alexander Levy a pris la tête de l’Open de Shenzhen du circuit européen EPGA après le premier tour interrompu par des orages, jeudi, tandis que l’Américain Bubba Watson, double vainqueur du Masters d’Augusta, et Hervé Dubuisson ont démarré plus doucement.

En rendant une carte de 66, soit 6 sous le par, Levy partage la première place avec le Sud-Coréen Lee Soo-min, le duo comptant un coup d’avance sur le Sud-Africain Brandon Stone. Un groupe de cinq joueurs, parmi lesquels les Français Raphaël Jacquelin et Gary Stal, occupe la 4e place, à deux coups.

En revanche, Bubba Watson, le joueur le mieux classé (4e mondial) en lice, a rendu un 71, tout comme Dubuisson (50e).

Après une interruption de 45 minutes en raison de l’orage, le tour initial a été interrompu par la tombée de la nuit alors que 36 joueurs devaient encore compléter leur parcours.

21/04/2016 23:24:58 – Shenzhen (Chine) (AFP) – © 2016 AFP

Mon chef, ce nul! Quand les salariés notent leur managers

Certaines entreprises invitent leurs salariés à évaluer leur journée de travail via des questionnaires simplifiés… Ils peuvent ainsi s’exprimer voire protester contre leur chef. Pour le meilleur et pour le pire.

Comment était votre journée de travail? Depuis octobre 2015, les salariés du centre d’appels de la Maif à Marseille peuvent répondre à cette question, de manière anonyme, sur une borne mise à leur disposition. Pour cela, il leur suffit d’appuyer sur l’un des quatre boutons, des visages plus ou moins souriants allant du vert au rouge. Ensuite, ils peuvent imputer leur bonne ou mauvaise humeur à plusieurs causes : au choix notamment, les objectifs commerciaux, les relations avec les clients, les collègues, ou la qualité de l' »encadrement », un sujet sensible pour les managers. « Quand vous prenez un rouge sur ce point, il faut savoir prendre du recul », reconnaît Marc Violette, responsable adjoint de ce centre d’appels téléphoniques.

LIRE AUSSI >> Les employeurs doivent-ils redouter les sites qui les évaluent?

Libérer la parole

Ce type de sondage continu, disponible à volonté, n’est pas courant dans les entreprises. Et pour cause, ces démarches interrogent la qualité de leur management, un sujet encore tabou. Pourtant, plusieurs grands groupes s’y mettent, à la plus grande surprise d’Eval&Go. Cette société réservait, à l’origine, ces bornes aux clients dans les commerces. « Nous nous sommes rendus compte que les entreprises étaient intéressées pour leurs salariés », explique Karine Peyrichou, responsable communication de cet éditeur de logiciels.

Les entreprises se lancent par nécessité, à en croire Christophe Bergeon, fondateur de Zest, une start-up qui propose aussi ce type de services. « Les bons éléments dans l’entreprise n’acceptent pas un mauvais management. Pour les chefs d’équipe, c’est un moyen d’avoir un retour sur leur travail; les salariés ont du mal à leur parler en face-à-face. » Selon lui, la majorité des collaborateurs quitte leur entreprise en raison de mauvaises relations avec leurs chefs. Une récente étude tord cependant le cou à ce constat…

LIRE AUSSI >> Mon patron est un crétin!

Un système d’alerte en cas de problème

Assistante de direction dans un cabinet d’audit international, Cécile n’hésite pas à poster son humeur via cette interface. Voire à rendre public, si elle le souhaite, un bilan plus précis de sa journée, sur le plan personnel (vie sentimentale, famille, transports…) comme professionnel à travers des catégories telles que la charge de travail, la motivation, ou l’efficacité… « On n’ose pas toujours dire que la façon de travailler des managers n’est pas correcte. Lorsque leurs méthodes sont dures, il peut leur être utile d’entendre que c’est mal vécu », estime-t-elle.

Davidson Consulting est allé encore plus loin. Les consultants de ce cabinet de conseil ont l’obligation mensuelle d’indiquer non seulement leur humeur, mais aussi de dire s’ils jouissent d’un bon équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle. « Tous les mois, les managers reçoivent leur évaluation ainsi qu’une alerte en cas de problème. Ils doivent alors rappeler le consultant dans les 48 heures », détaille Bertrand Bailly, le président de ce cabinet de 1600 salariés qui voit en direct, sur son poste, la liste des salariés mécontents. Depuis peu, ceux-ci doivent même dire si, oui ou non, leur manager s’est montré « disponible ».

Les responsables qui ne sont pas appréciés de leurs équipes peuvent se voir refuser une augmentation. Ou pire. « Il y a eu deux cas où les équipes se plaignaient trop. Ces managers confondaient le leadership et l’autorité. Ils ne sont plus là », raconte le fondateur de ce cabinet, récemment élu première entreprise où il fait bon vivre en France, selon le classement Great place to work.

Une forme de flicage?

Ces initiatives, extrêmement marginales, vont à contre-courant de la culture française « où il y a une volonté de protéger ses managers » selon Aurélie Renard, déléguée générale de l’Association française de communication interne (Afci). De plus, « cette transparence pourrait être perçue comme une forme de flicage, maladroite dans le contexte actuel en raison de la situation de l’emploi, et de la transformation des entreprises ». Pour que ce type de démarche soit constructive, l’entreprise doit donc se montrer bienveillante vis-à-vis des managers. « Un accompagnement doit être mis en place pour les aider à prendre du recul et développer si besoin leurs compétences », insiste Aurélie Renard. Les managers aussi ont besoin d’être épaulés.