Monthly Archives: mars 2016

Six exercices pour savoir répondre du tac au tac

Riposter à des réflexions cinglantes ou rebondir sur des petites blagues ne s’improvise pas, même chez les « snipers » les plus talentueux. A vous de vous préparer, pour acquérir des automatismes. Et vous ouvrir à l’inspiration.

Avoir le sens de la répartie n’est pas réservé aux bêtes de scènes ni aux animateurs vedette de la télé. C’est une posture qui s’apprend. Au travail, mieux vaut avoir une vue constructive des propos échangés et rester dans la bienveillance afin de ne pas dégrader les relations, conseillent Bruno Adler et Stéphane Krief (1). Selon son intention – jouer, combattre, créer ou clasher – plusieurs outils sont possibles. Encore faut-il déstresser – quitte à respirer 10 secondes avant de répliquer – et s’aguerrir.

1. Alimenter sa boîte à répliques

Au cours de vos lectures, dans les salles obscures, dans les dîners, ou les transports en commun, détectez les dialogues qui fusent. Pensez à ceux d’Audiard, très savoureux. Entourez-vous de gens qui ont une bonne attaque et une bonne défense dans les joutes oratoires. Notez les termes employés, leur combinaison. Deux types de formulation vont enrichir votre besace.

1/ Les phrases passe-partout. Le fameux « ou pas », très usité pour conclure en contrepied la phrase d’autrui (exemple : « Vous serez d’accord que… ». « Ou pas »), est une échappatoire efficace, qui déstabilise un contradicteur. En voici quelques-autres à vous mémoriser et à dégainer au bon moment tout en décochant un sourire : « Si tu le dis. » « Préviens-moi quand je dois rire ». « Tu es bête ou tu t’entraines ? ». « On n’est pas obligé de te croire ». « Moi aussi, je t’aime. »

2/ Le gimmick. C’est le petit refrain facile, que tout le monde retient. Un truc répétitif qui détend. Il y en a de toutes sortes. A vous d’en dénicher, durant des discussions, dans la culture de l’entreprise, ou en reprenant des expressions qui ont marqué l’actualité. En 2012 c’était « Moi, président… », ou encore « Non, mais allô quoi… ». A la première occasion, vous pourrez placer votre gimmick, et les autres devraient vous relancer sur cette touche humoristique.

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2. S’entraîner sur les réseaux sociaux

Ce terrain est idéal pour tester ses premières saillies. devant l’écran, vous avez le temps de rédiger des messages-objections. On vous poste un commentaire, « ton idée là, elle est pas terrible ! ». Posez-vous pour élaborer une phrase bien sentie. L’objectif est de raccourcir, à chaque fois, les délais de réponse. Vous pouvez vous jeter à l’eau en rétorquant d’abord: « J’entends que pour toi ce n’est pas terrible, mais je suis d’un autre avis. Maniez aussi Twitter : 140 signes pour faire mouche, cela vous habituera à être concis. Créez un compte, si ce n’est déjà fait. Lancez-vous sans complexe, même si vous risquez de rater vos effets.

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3. Caser une formule choc trois fois par jour

C’est l’exercice de la boîte à « con-primés », préconisant une posologie matin, midi et soir. Il s’agit de repérer dans les conversations, une expression ou un slogan qui fait rire ou cloue le bec de l’assistance. Exemple : « on n’est jamais à l’abri d’un coup de chance ». Donnez-vous ensuite l’opportunité de réutiliser cette réponse avec diverses personnes dans la journée. Au bout de trois fois, vous l’aurez enregistrée, digérée, ancrée dans le cerveau. Ou vous aurez repéré s’il faut l’éliminer car elle tombe à plat. Appropriez-vous ainsi une nouvelle réplique, deux à trois fois par semaine.

4. Stopper la vidéo pour répondre à la place de…

Séries TV, films, débats politiques, talk-shows… Visionnez des séquences en replay, podcast ou sur YouTube et mettez sur pause dès que le héros ou l’invité s’apprête à répliquer à une remarque acerbe ou décalée. Creusez-vous la tête : que diriez-vous, vous, dans une telle situation ? Essayez l’humour, la causticité, l’indifférence, la formule type. Ecrivez-les avec vos mots. Puis réenclenchez la vidéo. Comparez vos phrases et celles énoncées par les protagonistes. Exemple, Michel Onfray, réfutant une pique de l’animateur : « Ce sont vos chiffres, ce ne sont pas les miens »… « Je ne me reconnais pas dans ce message ». Cela vous poussera à être créatif et à trouver vos propres coups et revers.

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5. Pratiquer le questionnement avec des inconnus

Poser des questions est une excellente riposte : elle pousse l’autre dans ses retranchements. Alors, rodez-vous dans des situations sans enjeu. Face à un vendeur insistant dans un magasin, ou à commercial qui vous démarche au téléphone, contrez ses arguments : « Pourquoi cette proposition est-elle la meilleure offre ? », « En quoi votre produit serait-il intéressant pour moi ? », « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? ». Vous en serez, ensuite, d’autant plus à l’aise face à un chef ou à un pair qui cherche à vous impressionner.

6. Relancer le ballon de « Coppola »

C’est une technique qu’utilisait Francis Ford Coppola avec ses comédiens avant de tourner une scène. Elle aide à mettre à distance ses émotions, à écouter, à comprendre, à transformer et à renvoyer. Le jeu se joue au moins à trois et peut se s’effectuer dans le cercle amical ou familial. L’un tient un ballon imaginaire, petit ou gros, lourd ou léger et il le passe à un autre, en émettant un son -un claquement de langue pour une balle de tennis…- qui le reçoit avec le même son. A son tour il lance la balle, qu’il doit transformer (en boule de bowling, balle de ping-pong, etc.) et l’accompagnera d’un autre bruit, adapté au nouveau caractère de l’objet. Les joueurs peuvent accélérer ou ralentir la cadence. Au minimum, chacun effectuera cinq ou six passes.

(1) Auteurs de « Et si je répondais du tac au tac » (Eyrolles, janvier 2016).

Sexe en dormant : est-ce possible ?

Sexe en dormant : est-ce possible ?

Est-il possible d’avoir une relation sexuelle en dormant, sans s’en rendre compte ? Cela arrive. Si votre partenaire se caresse, vous touche ou vous prend, en pleine nuit, avec des gestes de robot, c’est peut-être une ou un sexsomniaque.

«La sexsomnie est une forme de somnambulisme, une forme épicée on va dire.» Dans son dernier opus – Labo Sexo –, Elisa Brune, auteur de très nombreux ouvrages consacrés aux mystères de la sexualité, cite des cas de sexsomnie étonnants. «Suivons ce couple australien de 45 ans, couple stable et sans histoires. Il sait que sa femme a parfois le sommeil agité, mais rien d’inouï là‑dedans. Il a un jour le regard attiré par une capote usagée qui traîne dans le jardin. Puis une autre sur le trottoir. Ça se répète et se multiplie. Une nuit, il se réveille alors que sa femme a quitté le lit et part à sa recherche. Il la découvre dans la rue, en train de se faire mettre par un inconnu. Banale histoire de fesses me direz-vous… Pas du tout (ils auraient quand même pu éviter de le faire dans la rue, non ?). Ce qui sort absolument du commun ici, c’est qu’elle ne baisait pas, elle dormait». Une fois réveillée, la femme ne se souvient absolument de rien. Lorsque son époux lui apprend ce qu’elle faisait, elle s’effondre. Cette «maladie» porte un nom depuis peu. Mais il n’existe à ce jour pas de remède.

Se masturber en dormant

La sexsomnie entre dans la littérature scientifique en 1984, lorsque le docteur Shapiro, docteur en philosophie, entame une recherche dans un laboratoire du sommeil en Afrique du Sud. Il rencontre une journaliste qui lui pose des questions sur les troubles du sommeil (parasomnie). A la fin de l’interview, la journaliste lui confie qu’elle a un problème : la nuit, son mari, qu’elle vient d’épouser, se réveille parfois et la trouve en train de se masturber, alors qu’elle dort. Il le prend mal. Cela crée une vive tension dans leur couple. Si elle se masturbe en dormant, c’est qu’elle doit être terriblement frustrée ? Shapiro décide d’enquêter. 12 ans plus tard, en 1996, il publie le premier article officiel sur le sujet : «Le comportement sexuel pendant le sommeil. Une nouvelle forme de parasomnie». En 2003, il met un nom sur ce trouble : sexsomnia. En 2007, d’autres chercheurs se penchent à leur tour sur le phénomène qu’ils confirment dans un article intitulé : «Sommeil et sexe : qu’est-ce qui peut dysfonctionner ?» (2). L’étude montre que la sexsomnie féminine se manifeste le plus souvent par la masturbation, alors que les hommes ont tendance à toucher, enlacer ou pénétrer la personne allongée à leurs côtés.

Le cas de Stephen : un zombie sexuel

En 2010, une autre étude, à laquelle Shapiro participe, démontre qu’environ 8% des patients traités pour troubles du sommeil souffrent de sexsomnie, une maladie qui, semble-t-il, touche plus facilement les hommes que les femmes. En 2013, la sexsomnie est inscrite dans le DSM-5, la nomenclature «officielle» des troubles psychiques. Pourquoi en faire une pathologie ? En 2014, un sexsomniaque raconte son expérience sur Vice : «Il y a environ trois ans, j’ai commencé à rêver que je couchais avec une femme étrange. Nous avions une sorte de connexion physique. À chaque fois que nous nous trouvions dans la même pièce, l’atmosphère devenait torride et pesante, sans qu’on échange le moindre mot. Mais il ne s’agissait pas de rêves ordinaires : ces rêves s’infiltraient dans la réalité. J’ai très vite compris que cette femme étrange était en réalité ma compagne, allongée près de moi». Le sexsomniaque en question, Stephen Klinck, a de la chance. Son épouse prend la chose plutôt bien.

Il est plus viril quand il ne se contrôle pas…

«Ma sexsomnie se traduit par des avances un peu lourdes. La plupart du temps, ma femme y répond de manière positive, même lorsqu’elle est à moitié endormie. C’est devenu une surprise agréable pour nous, voire une source intarissable de blagues.» Au réveil, Stephen Klinck ne se souvient de rien. Sa femme s’amuse à lui raconter ce qu’ils ont fait la nuit. «Mais toutes les sexsomnies ne sont pas aussi innocentes», dit Stephen. Il peut y avoir des dérapages. La sexsomnie déclenche parfois des comportements sexuels inhabituels (3). Si votre partenaire, en pleine nuit, vous force dans une position inédite, sans dire un seul mot, sans témoigner aucun signe d’affection, avec les yeux ouverts d’un mort-vivant, ne le-la traitez pas de pervers.e. «Il s’agit en essence d’un trouble du sommeil et non d’un trouble de la sexualité», rappelle Elise Brune. Mais ce trouble s’accompagne parfois de symptômes inquiétants : les gestes peuvent être plus crus, les étreintes plus passionnées, voire violentes. En clair : la sexsomnie peut vous conduire devant les tribunaux.

…mais plus violent parfois

Dans son livre Une fenêtre sur les rêves, paru en 2014 aux Editions Odile Jacob, la neurologue Isabelle Arnulf, responsable du département des parasomnies à la Pitié-Salpétrière, rapporte le cas d’une femme que son mari terrorise la nuit. Elle a beau crier, le frapper, il ne se réveille pas. Devrait-elle s’acheter un Taser pour repousser ces avances brutales ? La sexsomnie s’aggrave en cas de stress ou de fatigue. Elle est également majorée par la prise d’alcool, «la drogue, ou la présence d’un «partenaire potentiel dans le même lit», dit Elisa Brune qui suggère à demi-mot d’écarter le danger. Un bon conseil : si vous souffrez de parasomnie (somnambulisme, bruxisme, somniloquie, ou autre), évitez que les enfants dorment avec vous dans le même lit. Il y a 8% de chance que vous souffriez aussi de sexsomnie. Stepen Klinck confirme : «Selon le Dr Bornemann, la plupart des affaires impliquant une sexsomnie présumée impliquent des parents et leurs enfants. Lui et ses collègues de Sleep Forensics Associates ont été le premier groupe à offrir une expertise de trouble du sommeil dans des affaires juridiques».

Sexsomnie et responsabilité juridique

«La sexsomnie provoque des comportements sexuels inconscients et involontaires allant de la simple branlette au viol», rappelle Elisa Brune. L’emploi du mot «viol», bien sûr, pose ici un sérieux problème. Si c’est inconscient, il ne s’agit pas d’un viol. Mais peut-on le prouver ? La frontière entre conscience et inconscience n’est pas forcément claire. Une partie du cerveau des sexomniaques est endormie, mais comme le montre l’imagerie médicale fonctionnelle, une autre partie est active. Par ailleurs, les juges redoutent que des cas d’attouchements ou d’abus sexuels avérés ne cherchent à être qualifiés de sexomnie. Une défense trop facile, disent-ils. La porte ouverte à tous les abus. Dans certains cas de viol ou de harcèlement portés devant la justice, l’accusé a parfois été relaxé au motif qu’il dormait lors des faits. La justice l’a reconnu non responsables.

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A LIRE : Labo Sexo, d’Elisa Brune, Odile Jacob.

NOTES

(1) Shapiro CM, Fedoroff JP, Trajanovic NN (1996). «Sexual behavior in sleep: a newly described parasomnia». Sleep Research 25: 367.

(2) Shapiro CM, Trajanovic N, Fedoroff JP «Sexsomnia—a new parasomnia?», publié dans Can J Psychiatry. 2003 ; 48:311-317.

(3) «Quelques exemples ? Une femme de 26 ans entre dans des phases de masturbation frénétique dans son sommeil. Si son mari l’interrompt, elle recommence plus tard. Mais elle écarte toute sexualité au réveil et refuse de croire à ses accès de sexsomnie. Une femme de 28 ans a des accès de «vocalisation» sexuelles tous les soirs 20 minutes après l’endormissement, perturbant mari et enfants pendant des années. Un homme de 27 ans se lance régulièrement dans un cunnilingus sur sa femme alors qu’elle est endormie… et lui aussi. Un homme de 43 ans a des épisodes de sexsomnie chaque nuit, où il réalise un rapport sexuel de 30 minutes avec éjaculation, en variant les positions, mais tout en ronflant bruyamment. L’étude ne précise pas si l’épouse subissait ou appréciait». (Source : Labo Sexo, d’Elisa Brune, Odile Jacob).

Embauche PME: déjà 84 000 demandes d’entreprises en deux mois

Lancée début janvier, cette prime destinée aux PME qui recrutent en CDI ou en CDD long a fait l’objet de 84 000 demandes, selon le gouvernement. 80% d’entre elles émanent d’entreprises de moins de 50 salariés.

Deux mois après, où en est la prime à l’embauche pour les PME ? Mesure phare du plan d’urgence pour l’emploi déployé par François Hollande en janvier 2016, cette prime est censée doper les embauches en CDI ou CDD de longue durée.

Lors du Conseil des ministres du mercredi 16 mars, le gouvernement a dressé un premier bilan – positif – du dispositif « Embauche PME » après la publication du décret.

Pour mémoire cette prime concerne les entreprises de moins de 250 salariés. Ces dernières perçoivent une prime immédiate de 2 000 euros par an pour toute embauche en CDI ou en CDD de plus de 6 mois pour des salariés payés jusqu’à 1,3 fois le Smic (22 877 euros brut par an). Cette somme est versée en quatre fois et est renouvelable une fois. Au total, c’est donc 4 000 euros en deux ans que les PME peuvent espérer obtenir en cas d’embauche.

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Trois demandes sur quatre pour des CDI

Le but initial du projet était de permettre « d’accélérer le retour à l’emploi de personnes actuellement au chômage », explique le gouvernement. Qu’en ont pensé les petits patrons, premiers destinataires de cette mesure ? Si, au départ, ils ne semblaient guère enthousiastes, préférant réclamer des assouplissements du code du travail ou autres mesures de simplification, il semblerait néanmoins à l’usage, que la mesure séduise.

Dans la communication du gouvernement, un premier bilan chiffré fait état de 84 000 demande dans près de 40 000 entreprises, un « démarrage dynamique » selon les termes de l’exécutif qui veut croire que le million d’embauches sera atteint d’ici à la fin 2016.

Le gouvernement affirme également que les trois quarts de ces demandes concernent des CDI, que 35% des bénéficiaires ont moins de 26 ans et 80% des entreprises ayant rempli un dossier sur le site embauchepme.gouv.fr ont moins de 50 salariés. Opération réussie donc.

Les petites manipulations de Philippot sur les sondages européens

Frexit or not Frexit ? Si la question mérite d’être posée pour certains cadres du FN, ce n’est pas l’avis de Florian Philippot. Le vice-président du Front national compte toujours sortir de l’euro si son parti arrive au pouvoir, et a fortiori sortir de l’Union européenne (UE). Et l’eurodéputé de dégainer des sondages censés montrer que de plus en plus de Français voteraient pour une sortie de l’euro, ou de l’UE, si un référendum avait lieu.

Dernier exemple en date, une enquête de l’université d’Edimbourg menée dans six pays européens (Allemagne, France, Pologne, Espagne, Suède et Irlande) au sujet du référendum britannique sur la sortie de l’Union. Parmi les questions, deux intéressent particulièrement le FN : «Voudriez-vous que votre pays organise le même référendum que les Britanniques ?» et «Que voteriez-vous en cas de référendum sur le maintien de votre pays dans l’UE ?»

A la première, une majorité de Français répond oui. Ils sont 53% exactement. Les Français sont même les seuls à être majoritairement favorables à la tenue d’un référendum. Ils sont suivis par les Suédois (49%), les Espagnols (47%) et les Allemands (45%). Mais ce résultat ne devrait pas réjouir le Front national pour autant. Si elles étaient appelées à voter, 45% des personnes interrogées choisiraient de rester dans l’Union, 33% de la quitter et 22% ne se prononcent pas. Or, Florian Philippot se félicite de ces réponses et tweete :

Une majorité de Français pour un référendum sur notre appartenance à l’UE-42% des exprimés voteraient déjà le Frexit https://t.co/O6vxdRphGH

— Florian Philippot (@f_philippot) 12 mars 2016

42% ? D’où sort ce chiffre qui ne correspond pas à ce qui est écrit dans l’enquête ? Florian Philippot attend en fait de ses followers de savoir lire entre les lignes. Car il précise : «42% des exprimés». Toute la nuance est dans cette précision. Contacté par Désintox, il explique avoir en réalité calculé de nouveaux pourcentages sans prendre en compte les 22% des personnes interrogées qui ne se prononcent pas.

En remettant sur une base 100 les 78% des personnes qui voteraient soit pour un maintien soit pour une sortie, on arrive en effet à 42% des exprimés pour une sortie de l’UE, mais aussi donc à… 58% pour un maintien. Une large majorité que le frontiste se garde bien de mentionner.

Bidouillage ? Pas vraiment, pour Brice Teinturier. Le directeur général délégué d’Ipsos explique que prendre en compte seulement les personnes qui se sont exprimées est une pratique courante dans les enquêtes sur les intentions de vote. Par exemple, dans l’enquête électorale 2017 publiée par Ipsos en février, les intentions de vote pour la primaire à droite sont calculées sans prendre en compte les 9% de répondants ne s’étant pas prononcés. On arrive ainsi à 63% pour Alain Juppé, 22% pour Nicolas Sarkozy, 8% pour François Fillon, 4% pour Bruno Le Maire, 2% pour Nathalie Kosciusko-Morizet et Nadine Morano, Frédéric Lefebvre et Hervé Mariton se partagent les 2% restants.

Mais si Brice Teintiurier juge la magouille de Philippot «pas scandaleuse», il demeure sceptique quant à sa manière de présenter les résultats. L’écart entre les personnes souhaitant rester ou sortir de l’UE passe de 12 à 16 points, accentuant ainsi l’écart entre le oui et le non.

Florian Philippot est coutumier de ce genre de manipulations sur les sondages européens. En janvier, il se réjouissait de voir 36% des Français pour une sortie de l’euro alors que le véritable pourcentage était de 31%. En appliquant ce calcul aux partisans d’un maintien dans l’euro, ils seraient passés à un peu plus de la moitié (54%) à près des deux tiers (64%). Ce que Philippot se garde bien de préciser, tout comme il ne mentionne pas qu’il ne se base que sur les «exprimés» en donnant ce chiffre.

Sondage Gallup: montée du souhait de sortie de l’€ en France (36%), qui devient majoritaire en Grèce et Italie. Pays hors € n’en veulent plus

— Florian Philippot (@f_philippot) 8 janvier 2016

En 2013 déjà, il pratiquait ce bidouillage. Voici ce qu’il tweetait en juillet 2013 :

Sondage Gallup: parmi les exprimés, 44% des Français voteraient déjà pour la sortie de l’UE. Chiffre prometteur en cette fête de la nation !

— Florian Philippot (@f_philippot) 14 juillet 2013

 En réalité, 34% des personnes auraient voté pour une sortie de l’UE.

En novembre de la même année, il se félicitait carrément d’un «nouveau record» portant le taux de personnes pour une sortie de l’UE à 49%.

Enquête Yougov novembre 2013 (base 100) : en cas de référendum 49% des Français voteraient la sortie de l’UE. Niveau record #Espoir#Liberté

— Florian Philippot (@f_philippot) 12 novembre 2013

En fait, dans cette étude les partisans d’un départ ou d’un maintien dans l’UE étaient au coude à coude. Mais au lieu d’être à 49% contre 51%, ils étaient 33% contre 34% à vouloir rester. Soit les deux tiers seulement à s’exprimer. Dans le dernier tiers restant, 15% s’abstiendraient et 18% ne savent pas quoi voter. Un résultat qui prouve que les personnes qui ne se prononcent pas au moment d’un sondage ne comptent pas pour autant forcément s’abstenir le jour du vote. Les prendre en compte revient à leur laisser la liberté de se décider. Ce que Florian Philippot refuse de faire. 

Pauline Moullot

La loi Travail, une coquille vide désormais?

L’avant-projet de loi El Khomri a-t-il perdu de son intérêt pour les entreprises après les modifications annoncées par Manuel Valls hier? Deux avocats, aux avis divergents, se prononcent sur les changements.

A-t-il simplement mis de l’eau dans son vin ou totalement dilué ses ambitions ? Pour calmer la grogne des syndicats et des jeunes, le gouvernement a présenté hier 14 mars les retouches apportées à l’avant-projet de loi Travail, et l’on peut se poser la question.

Le plafonnement des indemnités prud’hommes en cas de licenciement abusif, mesure phare rejetée en bloc sauf par le patronat, est notamment passé à la trappe. Y’a-t-il d’autres reculades frappantes ? Le texte, dans sa V2, conserve-t-il une certaine épaisseur ou est-il devenu une coquille vide ?

« Il a singulièrement maigri ce texte, s’exclame Franck Morel, avocat au sein du cabinet Barthélémy. Il a été beaucoup raboté et à ce stade, ça confine presque au ridicule. Bien sûr, il va falloir consulter la version définitive car là il ne s’agit que de pistes de modifications et suivre aussi le travail parlementaire, mais je trouve que le projet de loi est en train de se déséquilibrer en défaveur des entreprises ».

Un point de vue que ne partage pas du tout Stéphane Béal, avocat en droit social au sein du cabinet Fidal : « Quand j’entends que c’est l’échec de la réforme, je ne suis pas d’accord. Le texte n’est absolument pas vidé de sa substance. Sauf à le résumer aux questions du barème des indemnités prud’hommes et du forfait jours dans les PME. Car, à côté de cela, il y a de vraies avancées. »

Un barème des indemnités prud’hommes sans utilité

Les deux juristes sont au moins d’accord sur un point : l’inutilité totale du barème facultatif qui a remplacé le plafonnement des indemnités prud’hommes. Pour Franck Morel, il fallait soit conserver le caractère obligatoire du barème, soit le retirer purement et simplement. « Le rendre indicatif et facultatif ne sert à rien à part à alourdir le code du travail. La preuve, il existe déjà un référentiel indicatif d’indemnités lors de la conciliation. Il est en place depuis la loi de sécurisation de l’emploi de juin 2013 et il n’est quasi pas utilisé, explique l’avocat. Même entre avocats, nous y faisons à peine référence et nous ne nous en servons pas donc je pense que le barème de la future loi El Khomri subira le même sort. »

Un dispositif quasiment condamné à tomber dans l’oubli donc… Pas tout à fait. Stéphane Béal remarque qu’il y a un intérêt à avoir conservé un barème facultatif dans la nouvelle mouture du texte, plutôt qu’avoir opté pour le retrait pur et simple. « Cela laisse une chance, techniquement, à des amendements au parlement, pointe-t-il. Selon moi, il faudrait au moins obliger les magistrats qui dépasseraient le plafond indicatif à motiver leur décision. Ce serait une façon d’opérer un certain contrôle sur des montants ‘hors normes' ».

Le licenciement économique trop encadré?

La question du licenciement économique constitue un autre point phare du texte ayant suscité de nombreuses réactions défavorables.

Dans la V2 présentée hier, le gouvernement conserve la nouvelle définition précisée des motifs de difficultés économiques. « Je ne suis pas favorable au fait de préciser ce que sont les difficultés économiques, regrette Stéphane Béal. Pourquoi quatre trimestres de baisse de chiffre d’affaires consécutifs ? Une entreprise qui a de la trésorerie peut très bien supporter cette période sans avoir besoin de licencier. En revanche, pour une petite boîte à la surface financière très limitée, attendre un an pour licencier peut s’avérer fatal. » Un avis partagé par Franck Morel. « Je ne vois pas l’utilité d’inscrire dans le marbre les éléments de jurisprudence et de tenter de faire rentrer la réalité dans des cases », avance l’avocat.

Le gouvernement n’est pas revenu non plus, dans le principe, sur un autre point jugé très défavorablement par les syndicats : celui prévoyant d’apprécier les difficultés économiques au niveau du seul territoire français quand il est question d’une filiale et non à l’échelle de tout le groupe. « C’est extrêmement positif que le gouvernement ne soit pas revenu là-dessus, souligne Stéphane Béal. Quand ce sujet est abordé, on parle toujours des multinationales et de possibles licenciements « boursiers ». Or, il concerne tout un tas de PME françaises qui ont des implantations à l’étranger. Actuellement, si leur établissement dans l’Hexagone connait des difficultés conjoncturelles ou structurelles, les sociétés soeurs à l’étranger, en bonne santé, sont obligées de financer ces difficultés, tout simplement parce qu’on lui interdit de s’adapter en licenciant. C’est une machine à perdre! », dénonce-t-il.

Le juge en garde-fou

Pour apaiser les craintes des syndicats, le gouvernement a toutefois, dans la nouvelle mouture du texte, prévu un contrôle accru du juge en cas de licenciement économique. « En fait, dans l’arsenal juridique actuel, il existe déjà de quoi sanctionner de tels actes, explique Stéphane Béal. Les magistrats parlent de « légèreté blâmable », quand les sociétés mères déshabillent volontairement leur filiale pour la rendre vulnérable. »

Franck Morel, lui, s’inquiète. « En matière de licenciement économique, il y a plutôt besoin de moins de juge que de plus et là, avec cette nouvelle version ce dernier obtient un rôle accru, déplore-t-il. Quand j’entends le député Christophe Sirugue, pressenti pour devenir rapporteur du texte, dire que sur cette question il va falloir « préciser les choses », je crains que le travail parlementaire ne rajoute encore une couche supplémentaire à l’édifice et n’augmente encore plus l’intervention du juge qui ne fera que rigidifier l’ensemble et n’arrangera en rien l’incertitude dénoncée par les chefs d’entreprise. »

Aller-retour sur le forfait jour dans les PME

Parmi les entreprises, les PME étaient également au centre d’une autre mesure importante : la possibilité pour celles de moins de 50 salariés de signer des conventions individuelles de forfait jour non couvertes par un accord collectif (de branche ou d’entreprise).

Le gouvernement est revenu là-dessus dans sa nouvelle version du texte. Un accord de branche sera toujours nécessaire.

Si Stéphane Béal regrette cet abandon, Franck Morel estime qu’il n’est en rien surprenant et finalement, plutôt positif. « On pouvait s’attendre à ce que cette mesure soit retirée car sa pertinence même interroge. En effet, ceci ressemblait un peu à un cadeau empoisonné pour le chef d’entreprise de PME, qui risquait ensuite de se retrouver poursuivi par un salarié mécontent de cet accord direct et condamné par le juge, qui a une position très restrictive sur les questions de charge de travail. »

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L’accord d’entreprise plus que jamais valorisé

Reste un autre aspect de la réforme: celui de la nouvelle place donnée à l’accord d’entreprise. « Contrairement à ce que l’on entend souvent, ce n’est pas la loi El Khomri qui crée pour la première fois la possibilité de déroger à l’accord de branche par accord d’entreprise, fait remarquer Stéphane Béal. Ce principe avait déjà été instauré par une loi de 2004.

Par la suite, une loi de 2008 avait mis en place, sur certains sujets comme l’aménagement du temps de travail ou le forfait jours, un système reposant sur la technique du « caractère supplétif » : en cas d’absence d’accord d’entreprise, l’accord de branche s’applique et en cas d’absence d’accord de branche, le décret s’applique. Le projet de loi retient cette technique et l’applique à tout le champ de la durée du travail. Ce chemin fait vers la centralisation de la négociation au niveau de l’entreprise est très positif. Car les branches sont incapables de négocier des accords au plus près des besoins de l’entreprise. »

Pour l’avocat, il ne faut pas voir le fait de donner une place centrale à l’accord d’entreprise comme un moyen de donner plus de pouvoir unilatéral à l’employeur. « Un accord d’entreprise, ça se négocie », rappelle-t-il.

Un texte aux mains des entreprises

Toute la question reste de savoir si les entreprises se saisiront de la possibilité de passer des accords, car c’est de la négociation que découlera la souplesse : en matière de paiement des heures supplémentaires, par exemple. Sans accord, il n’y aura aucun changement par rapport au droit actuel. « Les règles supplétives, qui s’appliquent en l’absence d’accord, restent semblables à ce qui existe aujourd’hui, déplore d’ailleurs Franck Morel. La V1 du texte était plus ambitieuse ».

« Il se dit que ce sont les grandes entreprises qui vont pouvoir négocier car elles ont des délégués syndicaux, mais beaucoup de PME en ont également, assure Stéphane Béal. Et si ce n’est pas le cas, il est tout à fait possible de signer des accords avec des élus mandatés, et même des salariés mandatés. Reste à voir si les entreprises ont envie de s’emparer de ces opportunités. Il est vrai, que, dans une TPE, ce n’est pas forcément évident. »

La possibilité de consulter les salariés pour valider un accord signer par des syndicats représentant 30% des voix aux dernières élections demeure dans l’avant-projet de loi. Tout juste est-elle limitée, pour l’instant, au seul champ du temps de travail », ce que regrette Franck Morel. Sur le principe, les avocats saluent une avancée. « Puisqu’on a introduit le principe majoritaire pour la signature d’accord, il fallait forcément introduire également une sorte de ‘correctif’ à cette nouvelle exigence, qui ferait sinon chuter le nombre d’accords signés, estime Stéphane Béal. J’y suis très favorable, dans la mesure où les salariés se prononcent sur le résultat de quelque chose qui a déjà été négocié. On n’est donc pas dans un cadre où il s’agit de faire valider ‘le projet du patron’ par les salariés ».

Fusillade à Bruxelles dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris

Une fusillade a éclaté cet après-midi à Forest, une commune au sud de l’agglomération bruxelloise. Un ou plusieurs hommes auraient tiré à l’arme à feu sur des policiers venus pour une perquisition dans le cadre de l’enquête sur le volet belge des attentats de Paris. Selon BFMTV, trois policiers des forces spéciales belges ont été blessés lors de deux premières rafales distinctes, dont l’un d’eux gravement, touché à la tête et à l’oreille. Il a été transporté à l’hôpital.

D’autres coups de feu auraient été entendus plus tard, vers 16h45, selon la RTBF. Ceux-ci auraient été tirés à travers la porte de l’habitation que la police était venue perquisitionner, où un ou plusieurs individus seraient toujours retranchés, selon le bourgmestre de Forest Marc-Jean Ghyssels cité par Le Soir. Selon le quotidien belge La Dernière Heure, un quatrième policier aurait été touché lors de cette troisième fusillade. Des informations qui n’ont pour l’heure pas pu être confirmées auprès des autorités. 

Marc-Jean Ghyssels avait indiqué plus tôt qu’il était impossible à ce stade de connaître précisément le nombre des tireurs, dont certains seraient par ailleurs en fuite, ni leur identité potentielle, ni le type d’armes utilisées. D’après La Dernière Heure, qui parle de tirs à l’arme automatique, deux auteurs auraient pris la fuite par les toits des habitations, après avoir abandonné des armes. 

Située non loin du quartier populaire de la gare du Midi de Forest, la rue Dries, où la fusillade a éclaté peu avant 15 heures, a été fermée à la circulation et le quartier bouclé. Un périmètre de sécurité a été mis en place. L’école et la crèche situées dans la même rue sont également actuellement bouclées, les élèves étant retranchés et en sécurité, selon le cabinet du bourgmestre de Forest, cité par Le Soir, lequel indiquait mardi après-midi envisager d’évacuer les autres écoles et crèches qui ne sont pas directement situées dans la rue Dries. Un important dispositif policier franco-belge été déployé, ont confirmé dans l’après-midi les ministres de l’Intérieur français et belge Bernard Cazeneuve et Jan Jambon, et un hélicoptère sillonne actuellement les alentours. 

Onze personnes ont été inculpées à ce jour en Belgique en lien avec les attaques qui avaient fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015. L’enquête a montré que ces attentats avaient largement été préparés et coordonnés depuis Bruxelles. Huit de ces onze inculpés sont toujours en détention provisoire. Un suspect clé, Salah Abdeslam, originaire de la commune bruxelloise de Molenbeek, n’a jamais été appréhendé. Le Français serait resté caché du 14 novembre au 4 décembre dans un appartement de Schaerbeek, en région bruxelloise, avait rapporté mi-février La Dernière Heure.

Les autorités belges ont précisé mardi que la perquisition organisée cet après-midi rue Dries ne concernait pas Salah Abdeslam. Celle-ci était «non renforcée», car les policiers ne s’attendaient pas forcément à trouver des personnes dans l’appartement visé, réputé vide, selon la RTBF. 

LIBERATION

Législatives partielles dans le Nord et l’Aisne: deux duels LR-FN au second tour, le PS éliminé

Les candidats Les Républicains de la 10e circonscription du Nord et de la 2e de l’Aisne sont arrivés en tête dimanche soir du premier tour d’élections législatives partielles, et affronteront un candidat frontiste au second, le PS étant éliminé.

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Dans le Nord, Vincent Ledoux, maire de Roncq et vice-président de la Métropole Européenne de Lille, a obtenu 46,84% des suffrages. Il se trouve en ballottage face à la candidate frontiste (25,22%) Virginie Rosez, lors d’un scrutin où la participation n’a atteint que 21,7%.

Le candidat socialiste Alain Mezrag se place en troisième position avec 11,24% des voix. Viennent ensuite les candidats EELV (5,90%), PCF (5,10%), LO (2,96%), DVD (1,49%) et MRC (1,24%). 

Dans cette circonscription, huit candidats étaient en lice pour briguer le siège laissé vacant par le maire de Tourcoing Gérald Darmanin (LR) qui a démissionné en janvier de l’Assemblée nationale pour cause de cumul des mandats, préférant entrer dans l’exécutif régional au côté de Xavier Bertrand, dont il est l’un des vice-présidents. 

Plus tôt dans la soirée, M. Darmanin avait annoncé 47,75% pour M. Ledoux et 25,71% pour Mme Rosez. 

«C’est une belle performance parce que la circonscription n’est pas de droite et parce que le Front national s’effondre malgré tout», a affirmé le député sortant à l’AFP. 

Au premier tour des élections législatives de 2012, le parti socialiste représenté par Zina Dahmani était arrivée en tête avec 30,77% des voix devant Gérald Darmanin (24,93%) et Jean-Richard Sulzer du Front National (18,06%). M. Darmanin l’avait emporté au second tour avec près de 55% des voix. 

Dans la 2e circonscription de l’Aisne, où les électeurs doivent élire le successeur à Xavier Bertrand qui a démissionné de son mandat pour se consacrer à la région Nord-Pas-de-Calais/Picardie après son élection, Julien Dive (LR) est arrivé en tête avec 36,28% des suffrages.

M. Dive, 31 ans, ancien responsable des Jeunes populaires et maire d’Itancourt depuis 2014, devance la frontiste Sylvie Saillard (28,79%) et la socialiste Anne Ferreira (15,69%).

Un candidat sans étiquette, Eric Norel (5,79%), arrive en 4e position, devançant deux candidats communistes, Gérard Brunel (3,80%) et Corinne Becourt (3,48%), puis ceux d’EELV (3,33%), LO (2,21%) et Belaïdi Lograda, sans étiquette (0,63%). 

La participation à ce scrutin a été de 33,97%, selon la préfecture.

Pour Mme Ferreira le résultat «n’est pas une surprise» vu «la faible participation», «l’éclatement de la gauche» et «le contexte national», a-t-elle déclaré à une correspondante de l’AFP. 

En 2012, au premier tour, le FN avait obtenu 16,29% des suffrages, et le candidat Les Républicains Xavier Bertrand avait été élu de justesse au deuxième avec 50,25% des voix face à Mme Ferreira.

«Par rapport à 2012, l’ex-UMP (Les Républicains NDLR) se maintient ou se tasse mais, contrairement au Front national, ne bénéficie pas de l’effondrement de la gauche», a réagi pour sa part Nicolas Bay, secrétaire général du Front national.

AFP